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vendredi 3 février 2017

Non, ce blog n'est pas en panne !

Il est juste en pause ……

Ça fait presque un mois que je n'ai pas posté d'article. Si je vous dis que la raison principale de cette absence est un surcroît de travail, ça en fera sans doute sourire certains. Et pourtant, être retraité ne veut pas dire obligatoirement être inactif ! Jugez-en plutôt.

Mon activité principale actuelle est liée à l'envoi en Estonie, en principe début avril 2017, d'un sous-groupement tactique interarmes français qui sera rattaché à la nation cadre pour l'Estonie, la Grande-Bretagne. Cf. http://gillesenlettonie.blogspot.fr/2017/01/forces-de-dissuasion-dans-les-etats.html Je ferai le 8 mars 2017 une série de quatre conférences pour que les militaires qui vont partir quatre mois en Estonie connaissent mieux ce pays. On me permettra de ne pas en dire plus.



A plus longue échéance (2019), je suis chargé d'une réflexion sur la participation de la France aux cérémonies du centenaire de l'indépendance de la Lettonie, particulièrement sous l'aspect militaire. J'ai proposé que soient mis à l'honneur quatre officiers français qui ont particulièrement aidé la jeune démocratie lettone dans sa guerre d'indépendance. Il s’agit du Lieutenant-colonel du Parquet, chef de la Mission Militaire Française en Lettonie (Mai 1919 – Juillet 1920), du Capitaine de Vaisseau Brisson, commandant la flotte alliée devant Riga en Octobre 1919, du Général Niessel, Président de la Commission interalliée des Pays Baltiques, grâce à qui les Allemands évacueront les Pays baltes (Novembre – Décembre 1919), sans oublier le Général Janin qui, depuis la Sibérie, organisera le retour dans leur pays des tirailleurs lettons « blancs » (Juin 1920). J'ai également évoqué les militaires français qui, au sein de l’armée polonaise, ont combattu lors de la bataille de Daugavpils (Janvier 1920).

Le Lieutenant-colonel du Parquet

Cette participation pourrait prendre l'aspect de conférences, voire de colloque, et/ou d'une exposition. Par ailleurs, j'ai été « invité » par Madame l'Ambassadeur de France à Riga à terminer à temps mon livre sur « Les Français dans l'histoire de la Lettonie »,

En outre, je vais faire le 23 mars ma traditionnelle conférence au profit du Centre Culturel Français de la Faculté de Sciences Sociales et Humaines de KTU, donc à Kaunas. Le thème de ma conférence cette année sera « L'administration française du territoire de Memel (1920 - 1923) », thème qui s'inscrit dans la suite de la visite que j'ai effectuée in situ le 16 décembre 2016 avec l'Attaché Défense.

Dans le parc des sculptures à Klaipeda, avec le Pr Vygantas Vareikis et le Lieutenant-colonel Alain Moulia


Je ne saurais oublier mes activités régionales tout aussi chronophages, notamment celle de secrétaire du Comité Tours-nord de la Société des Membres de la Légion d'Honneur (SMLH) et celle de représentant de l'Association de Soutien à l'Armée Française (ASAF) pour la circonscription de Chinon.

Vous voudrez donc bien me pardonner si ce blog n'est pas mis à jour aussi régulièrement qu'il l'a été à une époque.




samedi 7 janvier 2017

Forces de dissuasion dans les États baltes



N: Toutes les informations ci-dessous sont des informations ouvertes, trouvées sur internet. Je n'ai aucune connaissance d'informations confidentielles qu'en tout état de cause je ne diffuserais pas.

Depuis l'occupation et l'annexion de la Crimée de la crimée, les États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et la Pologne disaient se sentir menacées par leur voisin. C'est la raison pour laquelle les 28 États membres de l'OTAN décidèrent, au sommet de Varsovie de juillet 2016, « d'établir une présence avancée renforcée en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, pour démontrer sans équivoque, dans le cadre de notre posture globale, la solidarité des pays de l'Alliance, ainsi que leur détermination et leur aptitude à réagir en déclenchant une réponse alliée immédiate face à toute agression. »

Cette force avancée (« enhanced Forward Presence » - eFP) , constituée de quatre Bataillons à 800 / 1 000 homes chacun, devrait se mettre en place fin mars / début avril, Les nations cadres sont :
# La Grande-Bretagne en Estonie
# Le Canada en Lettonie
# L'Allemagne en Lituanie
# Les États-Unis en Pologne.

Un Sous-Groupement Tactique Inter-Armes français à 300 hommes participera en 2017 au Bataillon britannique et en 2018 au Bataillon allemand. (NB : la durée des mandats britanniques est a priori de 6 mois renouvelables alors que celui des français serait de 4 mois).


En attendant que l'eFP se mette en place, les États-Unis ont décidé d'envoyer au plus vite une force de 4 200 hommes et 2 800 véhicules qui, après regroupement en Pologne, sera déployée dans les Etats baltes, en Pologne, en Bulgarie et en Roumanie. Le déploiement de cette force, le 3rd Armored Brigade Combat Team, 4th Infantry Division (3ABCT, 4 ID) constitue l'opération « Atlantic Resolve ».



Ce sont les premiers véhicules et matériels de ce Combat Team US qui sont arrivés hier 6 janvier 2017à Bremerhaven (Allemagne) sur le RooRo « Resolve », Les autres véhicules arriveront d'ici dimanche sur deux autres RoRo, le « Freedom » et l' « Endurance ». Les véhicules seront ensuite acheminés vers la Pologne (camps de Drawsko Pomorskie et de Zagan), principalement par train, du 7 au 14 janvier, à raison de 3 trains par jour.



Après la phase initiale de remise en condition, le PC de la Brigade, les Bataillons de soutien et de génie, le 3e Bataillon du 29th Field Artillery Regiment et le 4e Escadron du 10th US Cavalry Regiment opéreront à partir des installations polonaises existantes de Zagan, Swietoszow, Skwierzyna et Boleslawiec. Le 1er Bataillon du 68th Armor Regiment se rendra dans les Etats baltes jusqu'à l'arrivée des éléments de l'eFP. Le 1er Bataillon du 8th Infantry Regiment opèrera principalement en Bulgarie et en Roumanie. Enfin, le 1er Bataillon du 66th Armor Regiment sera au camp de Grafenwöhr en Allemagne. Une relève sera opérée au bout de 9 mois.

On se rappellera en outre la « vieille » mission de Police du Ciel, opérée depuis 2004 à partir de Šiauliai (Lituanie) où, ce 5 janvier, les quatre Mirage 2000-5 français ont été relevé par quatre F-16 Fighting Falcon néerlandais, les quatre Eurofighter Typhoon allemand d'Ämari (Estonie) s'auto-relevant.

Passage de relais à Šiauliai entre chefs de détachement, français à gauche, néerlandais à droite

dimanche 11 décembre 2016

Parution de « Vilnius l'Impériale »



Je vous signale la parution, ce lundi 12 décembre 2016, de « Vilnius l'Impériale », sous-titré « Le destin croisé d'Alexandre 1er et de Napoléon », par Sylvie Lemasson, aux éditions S.P.M. (distribué par L'Harmattan).

Si la campagne de Russie a fait l'objet d'une abondante bibliographie, notamment la tragique retraite, peu ont étudié la spécificité du Grand-duché de Lituanie, qui avait perdu sa souveraineté 17 ans auparavant, dans cette guerre.

J'avais eu l'occasion, il y a quelques temps, de faire une conférence sur le quiproquo qui avait présidé aux relations entre Napoléon 1er et la Lituanie. Les nobles lituaniens voulaient que leur État retrouve son indépendance, avec ou sans la Pologne. Les paysans, eux, voulaient l'abolition du servage. L'Empereur Napoléon voulait, lui, que la Lituanie participe à son effort de guerre. C'est la raison pour laquelle, si les soldats de la Grande Armée ont été accueillis en libérateurs en juin 1812, les derniers survivants sont morts dans l'indifférence en décembre ……

C'est tout l'intérêt de ce livre de nous montrer le rôle particulier du Grand-duché de Lituanie, et notamment de Vilnius, lors de la campagne de Russie.


Maïtre de conférences à l'institut d'Etudes Politiques de Grenoble, Sylvie Lemasson a été Conseiller culturel à l'Ambassade de France à Vilnius, où je l'ai connue, de 2005 à 2008. Elle a bien voulu faire appel à moi afin que j'apporte ma très modeste contribution à son ouvrage.   

Sylvie Lemasson

vendredi 18 novembre 2016

Daudz Laimes Latvija ! Bonne Fête Nationale lettone !


En ce 18 Novembre 2016, la Lettonie fête le 98ème anniversaire de sa déclaration d’indépendance du 18 Novembre 1918.  

Déclaration d'Indépendance de la République de Lettonie, le 18 novembre 1918 au Théâtre National

Au début de la Première Guerre mondiale, les Lettons avaient pris délibérément fait et cause pour l’Empire russe, espérant, grâce à la victoire de celui-ci, se débarrasser des barons baltes et de l’emprise germanique qu’ils enduraient depuis le XIIIe siècle ! Le 23 Juillet 1915, alors que les forces russes étaient en difficulté, les troupes allemandes occupant la Courlande et progressant vers Riga, un oukase du Tsar Nicolas II permettait la création des Régiments de tirailleurs lettons, premières unités autorisées à se battre sous le drapeau de la Lettonie.
 
Mais la révolution russe d’Octobre (Novembre 1917) et l’effondrement militaire de la Russie vint changer la donne. L’Allemagne imposa en effet sa domination militaire sur les États baltes. Une partie des unités de tirailleurs lettons devinrent le fer de lance de l’Armée rouge, nouvellement créée. Par l’armistice du 11 Novembre 1918, les troupes allemandes vaincues seront tenues de ne pas quitter leurs positions sur le front oriental, afin de contrer une éventuelle offensive bolchevique. L’armistice qui marque à l'ouest la fin des hostilités ne signifie pour autant pas l’arrêt des combats sur le front de l’est.

Chars Renault FT-17 à la bataille de Daugavpils (3 janvier 1920)

Il est en effet nécessaire de souligner la multiplicité des forces en présence sur le territoire letton à cette époque, ce qui explique que la situation y soit des plus confuses :
 
# Les bolcheviques, qui prétendaient parler au nom du peuple letton ;
# L’armée nationale lettone, partagée en deux, une partie dans la région de Libau/Liepaja, à côté plus qu’avec les Allemands, et l’autre partie dans le nord de la Lettonie avec les Estoniens ;
# La Baltische Landeswehr, constituée de germano-baltes favorables au Pasteur Needra ;
# Le bataillon de Russes blancs du Prince Anatoly Pavlovitch von Lieven (d’origine livonienne) ;
# L’armée régulière allemande commandée par le Général von der Goltz, et son « faux-nez » les corps francs de l'aventurier aventurier se faisant appeler d’abord Colonel Bermondt, puis Prince Avalov.
 
La République de Lettonie proclamera donc son indépendance le 18 Novembre 1918 à 16H, au Théâtre National de Riga. Mais celle-ci sera théorique car, en dépit de la présence des troupes allemandes, la Lettonie sera presque totalement occupée par l’Armée rouge à la fin Janvier 1919.

En dépit d’une politique française relativement floue, accordant la priorité de son soutien à la Pologne et traînant quelque peu les pieds pour reconnaître l’indépendance des États baltes, des Officiers français vont toutefois avoir une action réellement déterminante lors de la guerre d’indépendance lettone.   


La Commission interalliée du Général Niessel 

Il s’agit du Lieutenant-colonel du Parquet, chef de la Mission Militaire Française en Lettonie (Mai 1919 – Juillet 1920), du Capitaine de Vaisseau Brisson, commandant la flotte alliée devant Riga en Octobre 1919, du Général Niessel, Président de la Commission interalliée des Pays Baltiques, grâce à qui les Allemands évacueront les Pays baltes (Novembre – Décembre 1919), sans oublier le Général Janin qui, depuis la Sibérie, organisera le retour dans leur pays des tirailleurs lettons « blancs » (Juin 1920). Je n'oublierai pas non plus la Compagnie de chars Renault FT-17 du Capitaine Jean Dufour à la bataille der Daugavpils (3 janvier 1920). Ils pourraient être mis en exergue par la France lors des commémorations lettones de 2019.

Le Général Maurice Janin
 Après bien des réticences, liées au désir de voir renaître une Russie forte et aux doutes quant à la viabilité d’un État letton, les puissances alliées ne reconnaîtront de jure l’indépendance de la Lettonie que le 26 Janvier 1921. La candidature de la Lettonie à la Société des Nations sera rejetée une première fois le 16 décembre 1920 et il faudra attendre le 22 Septembre 1921 pour qu’elle puisse y adhérer, en même temps que l’Estonie et la Lituanie.

 Bonne Fête Nationale à la Lettonie et aux Lettons !