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dimanche 16 septembre 2018

Le château de Rochecotte, la Courlande et la chapelle de Castellane

Le château de Rochecotte

Ce samedi 15 septembre, dans le cadre des journées du patrimoine, je suis allé visiter le château de Rochecotte à Saint-Patrice (commune de Les Coteaux-sur-Loire). « Visiter » est un bien grand mot, car le château étant depuis 1984 un hôtel de luxe, on ne visite pas l'intérieur pour ne pas déranger les (riches) clients. Mais la visite des jardins et notamment de la terrasse « à l'italienne » n'a pas manqué d'intérêt grâce aux connaissances de notre guide du jour, M. Daniel Sans-Chagrin, adjoint à la culture de la commune de Côteaux-sur-Loire (37130),

Pour en savoir plus sur celle qui fut une des plus notables propriétaire des lieux, Dorothée de Dino, je vous laisse vous reporter à un post récent : https://gillesenlettonie.blogspot.com/2018/08/dorothee-de-dino-de-la-courlande.html

Devant la façade principale du château de Rochecotte 

C'est en 1828 que Dorothée de Dino, quatrième fille du Duc de Courlande, achète le domaine de Rochecotte qui, outre un château resté abandonné depuis la Révolution, comporte 446 hectares de forêt et six fermes. La Duchesse va entreprendre de grands travaux, embellit et rend ainsi accueillante sa nouvelle demeure. Elle va beaucoup recevoir à Rochecotte, Talleyrand bien sûr, mais aussi les amis politiques de celui-ci, comme Thiers, futur président de la République, ou Guizot, futur président du conseil. Balzac est reçu le 26 novembre 1836, mais il ne semble pas avoir été le bienvenu ; Mme de Dino écrit en effet dans son journal : «  …… j’ai été ravie quand il est parti. Il est vulgaire de figure, de ton, et, je crois de sentiments ; sans doute il a de l’esprit, mais il est sans verve ni facilité dans la conversation. Il y est même très lourd, …... »

Après la mort de Talleyrand (17 mai 1838), Dorothée de Dino décide de regagner don duché de Żagań en 1843 et, en 1847, elle fait donation de Rochecotte à sa fille Pauline, épouse du Marquis Henri de Castellane. Le marquis meurt très jeune des suites d'une chute de cheval et Pauline va alors vivre très repliée sur Rochecotte, mais avec un rôle social très important. Elle crée dans le village une fondation, une école de filels, l'église, et elle intervient pour que la gare de Saint-Patrice soit implantée juste en face de l'entrée du château.

Trois générations de Castellane vont se succéder à Rochecotte. En 1890, Pauline meurt et laisse le domaine à son fils Alexandre. Le fils de celui-ci, Boniface (Boni), passera sa jeunesse à Rochecotte et il y organisera une fête fastueuse de trois jours à l'occasion de son mariage avec la richissime américaine Anna Gould. Stanislas, le frère de Boni, hérite de Rochecotte mais le vend en 1934 à son beau-frère d'origine cubaine, Emilio Terry. Le 16 janvier 1978, le dernier Castellane cède le château et le domaine à une société qui le démembre et disperse le mobilier, la bibliothèque et maints souvenirs historiques. Ce n'est qu'en 1984 que la demeure, abandonnée, est rachetée et restaurée par la famille Pasquier qui le transforme en château hôtel de luxe.

La chapelle de Castellane, dans le cimetière de Saint-Patrice

Mais j'ai appris aussi hier que Pauline de Castellane ainsi que onze autre membres de la famille de Castellane sont enterrés dans une chapelle, dite chapelle de Castellane, au fond du cimetière der Saint-Patrice. Celle-ci, que je suis allé voir après la visite, est malheureusement en mauvais état et il faudrait 50 000 € pour la restaurer. Une souscription à été récemment lancée par la Fondation du patrimoine du Centre-Ouest ( https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/chapelle-de-castellane-a-saint-patrice ) et je pense que, quiconque est concerné par la sauvegarde de notre patrimoine commun entre la France/Touraine et la Lettonie/Courlande aura à cœur d'apporter sa contribution.

Souscription pour la restauration de la chapelle de Castellane



samedi 1 septembre 2018

Le « false flag » de Gleiwitz qui déclencha la deuxième guerre mondiale





L'émetteur de Gleiwitz

Wikipedia : Les opérations sous fausse bannière (ou « sous faux pavillon », parfois désignées sous l'anglicisme false flag) sont des actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance de l'ennemi.
Sans refaire la genèse des événements qui ont conduit au déclenchement de la deuxième guerre mondiale, il faut néanmoins souligner les accords de Munich (30septembre 1938). Par ces accords, la France et la Grande-Bretagne, qui ne désirent pas la guerre, autorisent l'Allemagne à annexer les régions de la Tchécoslovaquie majoritairement peuplées par des Allemands. L'épilogue a lieu le 15 mars 1939 au matin, quand les troupes allemandes envahissent sans coup férir le reste de la Tchécoslovaquie (Bohème et Moravie) pour y établir un protectorat.

Grisé par ce succès, Hitler déclare, le 23 mai 1939 : « Il n'est pas question d'épargner la Pologne » !

Auparavant, l'Allemagne nazie s'assure de la neutralité de la Russie soviétique en signant le pacte Molotov-Ribbentrop (23 août 1939), dont on ne soulignera jamais assez l'importance majeure dans le déclenchement de la guerre (http://gillesenlettonie.blogspot.com/2018/08/le-23-aout-jour-important-pour-les.html)

Reinhard Heydrich


Ainsi tranquille à l'est, Hitler va confier au Reichsführer-SS Heinrich Himmler le soin d'organiser une opération de provocation baptisée (en toute modestie) « Opération Himmler ». La mise en scène du plan est l’œuvre du bras droit d'Himmler, Reinhard Heydrich, qui monte deux prétendues attaques, une sur la station radio allemande de Gleiwitz et l'autre sur le poste de douane de Hochlinden. L'exécution (dans tous les sens du terme ,,,,,,) est confiée à la Gestapo, notamment Alfred Naujocks à Gleiwitz qui est considéré comme l'homme ayant déclenché la deuxième guerre mondiale.


Alfred Naujocks

Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1939, il y a donc 79 ans, six soldats allemands membres du Sicherheitsdienst de Heydrich, accompagnés de douze criminels à qui on avait promis la liberté, tous revêtus d'uniformes polonais, s'emparent de l'émetteur radio de Gleiwitz (aujourd'hui en Pologne, à la frontière tchèque). Puis ils lancent sur les ondes un message appelant la minorité polonaise de Silésie à prendre les armes pour renverser le chancelier Hitler.

A la vérité, le technicien qui accompagnait le commando fut incapable de mettre en œuvre l'antenne longue portée et le message ne put être diffusé que localement. Mais cela n'empêcha nullement la mise en place de la suite du plan, notamment l'exécution des criminels (drogués) représentant les cadavres des pseudo-attaquants polonais. Des journalistes furent convoqués pour constater de visu et témoigner de l' « attaque polonaise ».

Parallèlement, en tout état de cause, l'armée allemande attaqua la Pologne le 1er septembre 1939 à 04H45 du matin, sur toute l'étendue du front. Ainsi débuta la deuxième guerre mondiale, l’attaque allemande entraînant l'entrée en guerre de la France le 3 septembre et de la Grande-Bretagne le 4 septembre. Le 17 septembre, la Russie soviétique lança à son tour son attaque à partir de l'est de la Pologne, conformément aux protocoles secrets du pacte Molotov-Ribbentrop.


NB : Toute ressemblance avec des événements actuels (démocraties occidentales faibles, « défense » des « ressortissants » au-delà de ses frontières, provocations œuvre de « petits hommes verts ») ne serait pas fortuite …….

mercredi 29 août 2018

Dorothée de Dino, de la Courlande à Rochecotte

Dorothée de Dino, duchesse de Courlande
Par le Second Traité de Vilnius (28 Novembre 1561), la Confédération Livonienne reconnaissait la suzeraineté du Roi de Pologne (Pacta subiectionis). En retour, le Roi s’engageait à protéger ses nouveaux sujets contre les armées du Tsar . Le territoire était scindé entre le duché de Courlande et le duché de Livonie.
Gotthard Kettler, dernier Landmeister livonien, converti au luthéranisme, sécularise alors ses moines-soldats, et devient duc héréditaire de Courlande et Sémigalle. La capitale est fixée à Mitau (aujourd’hui Jelgava). Le 5 Mars 1562, Gotthard dépose solennellement le manteau des chevaliers porte-glaives en prêtant hommage au Roi de Pologne Grand-duc de Lituanie, et il épouse en 1566 la princesse Anne von Mecklembourg-Schwerin. Les chevaliers de l’ordre imitent le duc, se taillant des fiefs nobiliaires dans le duché, créant la noblesse locale : les barons baltes.

Le dernier duc de Courlande, Peter von Biron, régna de 1769 à 1795, date à laquelle (28 Mars 1795) le duché fut annexé par la Russie et où il se retira en Silésie, à Sagan. Peter eut six filles de sa troisième épouse, Anna Charlotte Dorothea von Medem, dont quatre survécurent. La quatrième, Dorothée, bien qu’ayant été reconnue par le duc, a toutefois vraisemblablement comme père biologique un homme d’État polonais, le comte Aleksander Batowski. Elle est née à Friedrichsfelde, près de Berlin, le 21 Août 1793 et fut élevée au Palais de Courlande, 7 Unter den Linden. C’est elle qui nous intéresse.

Après les défaites prussiennes de Iéna et Auerstaedt, et l’entrée de Napoléon à Berlin, la famille s’exile brièvement à Mitau (Jelgava) en 1809 - 1807, endroit que la jeune Dorothée trouve « horrible, froid et inconfortable » ; mais elle y rencontre le comte de Provence, futur Louis XVIII.  

Lors du congrès d’Erfurt (27 Septembre – 14 Octobre 1808), réunion entre Napoléon 1er et Alexandre 1er pour réaffirmer l’alliance conclue lors du Traité le Tilsit l’année précédente, Talleyrand (Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent), qui n’est plus Ministre des relations extérieure depuis Août 1807 mais qui conseille toujours Napoléon, et qui cherchait une riche héritière pour son neveu, obtient du Tsar que celui-ci intervienne auprès de la duchesse Anna Dorothea pour favoriser le mariage du dit-neveu, Edmond de Talleyrand-Périgord, avec Dorothée, âgée alors de 15 ans (et qui aurait préféré le prince Adam Czartotyski, de 25 ans son aîné). Le mariage est célébré à Francfort-sur-le-Main les 21 – 22 Avril 1809, alors que les hostilités viennent de reprendre entre la France et l’Autriche (12 Avril 1809 : début de la cinquième coalition). Dorothée, d’éducation allemande, devient donc comtesse Edmond de Périgord, mais est plongée en milieu français, donc ennemi ; ses trois sœurs aînées n’assistent d’ailleurs pas au mariage.


Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent

Bien qu’ayant eu trois enfants (Napoléon-Louis en 1811, Dorothée en 1812 et Alexandre en 1813), le couple aura un mariage malheureux, Edmond étant plus attiré par le jeu, la guerre et … les autres femmes. Leur vie conjugale s’arrête de facto avec le départ d’Edmond pour la campagne de Russie. Néanmoins, Dorothée mettra encore au monde, le 29 Décembre 1820, Joséphine Pauline, dont la paternité est souvent attribuée à Charles-Maurice de Talleyrand, l’oncle, et en 1825 Julie-Zulmé dont on ne sait pas exactement qui est le père !

Depuis le congrès de Vienne (1er Novembre 1814 – 9 Juin 1815), où Charles-Maurice de Talleyrand représente la France, Dorothée est entrée dans l’intimité de son oncle par alliance. C’est elle qui fait les honneurs du palais Kaunitz où Talleyrand donne des réceptions brillantes qui participeront certainement au fait que la France sorte intacte du congrès. En 1816, Dorothée s’installe chez Charles-Maurice à Paris et ils ne se quitteront plus. Ils partagent leur temps entre Paris (que Dorothée n’aime pas) et Valençay où Charles-Maurice a acheté un château en 1803. Le 2 Décembre 1817, le Roi de Sicile dote Talleyrand du duché de Dino, une île au large de la Calabre. Comme le titre est immédiatement transmissible à ses neveux, Dorothée devient duchesse de Dino.   

En 1824, Dorothée, qui avait déjà obtenu la séparation de biens, divorce d’Edmond, ce qui prête à la critique parisienne. En 1828, elle achète le château de Rochecotte, à Saint-Patrice (à l’ouest de Langeais), afin de se sentir vraiment chez elle. Elle s’y plaît beaucoup, et elle est en outre plus proche de son amant du moment, Théobald Piscatory dont elle avait eu une fille, Antonine-Dorothée, née en 1827 et qui acheta au même moment le château de Chérigny dans la Sarthe. Elle suit toutefois Charles-Maurice de Talleyrand à Londres de 1830 à 1834, où il avait été nommé ambassadeur. Talleyrand meurt le 17 Mai 1838, entouré de Dorothée et de Pauline.   


Le château-hôtel de Rochecotte

Un mot au passage sur Pauline. Elle épouse Henri de Castellane en 1839. Ils ont deux enfants : Marie Dorothée Elisabeth (1840 – 1915) qui épouse en 1857 le Prince Antoine Radziwill ; et Antoine (1844 – 1917) qui sera lui-même le père du fameux dandy Boni de Castellane (lequel passe son enfance au château de Rochecotte). Veuve en 1847, Pauline vit le plus souvent à Rochecotte où elle mène une vie simple et dévote. Elle décédera en 1890. Le souvenir de ses bienfaits reste encore vivace aujourd’hui à Saint-Patrice.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Dorothée de Dino. A partir de 1838, elle se partage entre Paris, Berlin, Rochecotte et Sagan qu’elle rachète en 1844 à son neveu, Constantin de Hohenzollern. En 1847, elle donne Rochecotte à sa fille Pauline de Castellane et résidera alors dans la principauté de Sagan, en Basse-Silésie, où elle possède 5 villes, 171 villages et 8 000 âmes et où son règne sera un bienfait. Venant encore parfois à Paris et à Berlin, elle finit toutefois sa vie dans la solitude et la mélancolie le 19 Septembre 1862, des suites d’un accident de voiture en Juin 1861.  

A l’occasion des Journées du patrimoine 2012 (15 et 16 Septembre), il sera possible de suivre des visites commentées du château de Rochecotte, aujourd’hui hôtel-restaurant de grande qualité, à 10H00, 11H30, 14H00, 15H30 et 17H00.

La chapelle du château de Rochecotte, qui était auparavant la chambre de Talleyrand







jeudi 23 août 2018

Le 23 août, jour important pour les Etats baltes




Le 23 Août 2008, le Parlement Européen proclamait le 23 Août « journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme » :
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-%2F%2FEP%2F%2FTEXT+TA+P6-TA-2008-0439+0+DOC+XML+V0%2F%2FFRC’est un euphémisme de dire que les commémorations (si elles ont lieu) de ce 23 Août 2018 sont, en France, très discrètes !

Heureusement qu’en Europe, d’autres États se souviennent. C’est le cas notamment des États baltes qui ont eu à souffrir dans leur chair de ces deux totalitarismes.

En effet, tous les 23 août, les Baltes célèbrent un double événement : l’un, tragique dans ses conséquences, le Pacte Molotov – Ribbentrop du 23 août 1939, l’autre, synonyme de révolte et d’espoir, la Voie Balte du 23 août 1989

Après leur retour (Lituanie) ou leur accession (Lettonie, Estonie) à l’indépendance en 1918, les États baltes avaient signé avec la Russie soviétique des traités de paix et des pactes de non-agression. Pressentant le conflit européen, ils avaient adopté, début novembre 1938, des textes de lois destinés à manifester leur volonté de rester neutres, à l’écart d’un éventuel conflit.

De son côté l’URSS, inquiète des projets d’expansion à l’est de l’Allemagne cherchait à conclure des accords d’alliance, y compris d’entraide militaire, avec la France et la Grande-Bretagne. Mais ces derniers, faisant preuve d’atermoiements, les soviétiques vont se détourner des démocraties occidentales pour se rabattre sur un accord avec l’Allemagne nazie.

Le 23 août 1939, l'Union soviétique, représentée par son Ministre des Affaires Étrangères, Viatcheslav Molotov, et l'Allemagne nazie, représentée par son homologue, Joachim von Ribbentrop, signent à Moscou un Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union des républiques socialistes soviétiques, plus communément appelé Pacte Molotov-Ribbentrop.

Staline et von Ribbentrop


Le traité proclamait un renoncement au conflit entre les deux pays, ainsi qu'une position de neutralité dans le cas où l'un des deux pays signataires serait attaqué par une tierce partie.

Mais le traité comportait également plusieurs protocoles restés longtemps secrets qui déterminèrent le destin des États Baltes pour 50 ans. Dans ces protocoles, les deux puissances totalitaires s’entendaient pour se partager la Pologne et pour désigner la frontière nord de la Lituanie comme ligne de partage entre leurs « sphères d’influence ». Ainsi, la Finlande, l’Estonie et la Lettonie tombaient dans la sphère d’influence soviétique, la Lituanie dans celle de l’Allemagne.

Ayant les mains libres à l’est, Hitler envahit donc « tranquillement » la Pologne le 1er septembre 1939, ce qui conduisit à la Deuxième Guerre mondiale par l’intervention, le 3 Septembre, de la France et de la Grande-Bretagne volant au secours de leur allié polonais. De son côté, l’URSS envahit la Pologne par l’est le 17 septembre 1939, sans même de déclaration de guerre préalable. Le 28 septembre 1939, les deux puissances totalitaires signèrent un nouvel accord de délimitation des frontières, avec un accord secret complémentaire par lequel la Lituanie tombait, à présent, dans la sphère des intérêts soviétiques.

On n’oubliera pas également que, suite au pacte, l’URSS approvisionna largement l’Allemagne en matières premières (notamment pétrole, caoutchouc, céréales), ce qui permit à celle-ci de constituer des stocks nécessaires à son armée et à son industrie pour la suite de la guerre. C'est ainsi grâce à de l'essence russe que l'Allemagne put envahir la France en mai 1940 ! (Ci-dessous, fraternisation de soldats nazis et russes).



Aujourd’hui, la Fédération de Russie ne fait commencer la seconde Guerre Mondiale qu’en 1941, revendiquant même le titre de principal vainqueur. C’est « oublier » un peu rapidement que, pendant deux ans, elle fut un allié fidèle du régime nazi. Ça en serait presque cocasse si, dans le même temps, elle n'accusait pas les États baltes d'encourager la résurgence du nazisme chez eux ! 

Cinquante ans après, le 23 août 1989, en signe de protestation contre l’occupation dont ils étaient victimes, 2 millions de Baltes (donc un quart de la population totale) se donnèrent la main sur 675 km, entre Vilnius et Tallinn via Riga. Ce fut la Voie Balte, destinée à attirer l'attention de l'Occident sur le sort des États baltes. Les participants demandaient la reconnaissance des protocoles secrets du pacte Molotov-Ribbentrop, mais surtout le rétablissement de leur indépendance et de leur liberté.

Au passage, le logisticien que je fus ne peut qu’être admiratif devant l’organisation d’un tel événement, au nez et à la barbe de l’occupant ! Le parcours exact fut LT: Vilnius – Širvintos – Ukmergė – Panevėžys – Pasvalys – LV: Bauska – Iecava – Ķekava – Rīga – Vangaži – Sigulda – Līgatne – Drabeši – Cēsis – Lode – Valmiera – Jēči – Lizdēni – Rencēni – Oleri – Zasi – Rūjiena – Koniņi – EE:  Nuija  Karksi – Viljandi – Türi – Rapla – Tallin.



Depuis 2008, le 23 août est donc la Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme. La France est-elle encore en Europe ?