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dimanche 20 septembre 2020

19 septembre 1551 : naissance de Henri de Valois, futur Roi de Pologne – Grand-duc de Lituanie, futur Roi de France

 

Henri de Valois à l'âge de 14 ans

Henri, baptisé sous le prénom d’Alexandre-Edouard, est né à Fontainebleau le 19 Septembre 1551, quatrième fils du Roi de France Henri II et de Catherine de Médicis. Henri II meurt accidentellement lors d’un tournoi à l’âge de 40 ans. Son fils aîné, François II monte sur le trône à l’âge de 15 ans mais ne régnera que 17 mois. Le frère suivant, Louis, étant décédé à l’âge de 20 mois, c’est le troisième frère, Charles IX, qui monte sur le trône le 5 Décembre 1560 alors qu’il n’a que 10 ans !

Les astrologues ayant prédit à Catherine de Médicis qu’elle verrait tous ses fils sur le trône, ce qui semblait vouloir dire qu’ils mourraient jeunes et qu’elle leur survivrait, tenta de conjurer le sort en se mettant en quête d’une couronne étrangère pour son fils préféré, Alexandre-Edouard devenu Henri à sa confirmation en 1565. Un mariage avec Elisabeth 1ère d’Angleterre tint un moment la corde. Puis, Catherine de Médicis se mit en tête d’obtenir pour Henri, du Sultan Selim II,  l’investiture du Royaume d’Alger ! Jean de Montluc, évêque de Valence, lui fit sentir l’extravagance de cette idée et, en 1572, lui soumit un plan plus raisonnable.

Le Roi de Pologne – Grand-duc de Lituanie Sigismond II (en Polonais Zygmunt II August, en Lituanien Zygimantas Augustas), sans descendance, étant « attaqué d’une maladie mortelle », il serait possible de lui donner Henri de Valois comme successeur. Car on se rappellera que, suite à l’Union de Lublin (15 Août 1569), la monarchie polono-lituanienne était devenue élective. La Reine mère envoya donc à Cracovie, alors capitale du Royaume de Pologne, le fils naturel et légitimé de l’évêque de Valence, le sieur de Balagny, afin de préparer les esprits à la proposition officielle future.   

Le 5 Juillet 1572, Sigismond II décède. La diète d’élection a lieu le 5 Avril 1573. Jean de Montluc, évêque de Valence, y défend les intérêts d’Henri de Valois. Outre le Français, sont également candidats l’Archiduc Ernest d’Autriche, le Tsar Ivan IV dit le terrible et le Roi de Suède Jean III. Le 9 Mai 1573, c’est Henri de Valois, duc d’Anjou, qui est élu par 30 000 gentilshommes. Il n'a pas encore 22 ans.

Henryk IV Walezy, Roi de Pologne, Grand-duc de Lituanie
Le 10 septembre 1573, Henri prête serment à Notre-Dame de Paris, devant les 13 Ambassadeurs qui étaient venus de Pologne à Paris lui apporter le décret de son élection. Henri quitte Paris le 27 Septembre 1573 et arrive à Cracovie le 18 Février 1574. Le 21 Février 1574, il est sacré Roi de Pologne sous le nom d'Henryk IV Walezy , mais, contrairement à ce que Montluc avait promis, Henri refuse d’épouser Anna Jagellon, de 28 ans son aînée et qu’il trouve laide !

Mais, le 30 Mai 1574, le Roi de France Charles IX décède à Paris, sans doute de tuberculose, sans héritier à l’âge de 24 ans. Henri l’apprend le 14 Juin 1574. Dans la nuit du 16 Juin 1574, sans rien dire aux Polonais, Henri s’enfuit du château du Wawel dans des conditions rocambolesques que n’aurait pas reniées un soldat partant en fausse perm…… Car, outre qu’il ne s’était jamais fait à la Pologne (il écrira à sa mère le 22 Juin « France et vous valent mieux que Pologne »), il ne voulait pas se faire souffler la place de Roi de France par son petit frère François, duc d’Alençon. Henri rentre par Vienne, Venise, Turin, Chambéry et Lyon, avant d’être sacré Roi de France le 13 Février 1575.


Le château royal du Wawel

En Avril 1575, un gentilhomme, Guy du Faur de Pibrac retourne en Pologne avec charge d’obtenir que les Polonais (mais aussi les Lituaniens et les Ruthènes) restent des sujets d’Henri III. Mais la Diète se réunit le 4 Novembre 1575 et elle élit le duc de Transylvanie, Báthory István (Stefan Batory), qui, lui, épousera Anna Jagellon……

Henri n’aura régné que 148 jours sur la Pologne – Lituanie, mais il aura laissé les « Articles d’Henri », dispositions que tous les Rois qui suivirent durent signer bien qu'elle limitât leur pouvoir et, et la « Pacta Conventa » qui étaient des engagements personnels de chaque Roi.

En France, Henri III se heurtera à quatre guerres de religion et sera finalement assassiné à Saint-Cloud le 2 Août 1589 par le moine ligueur Jacques Clément. Le protestant Henri IV lui succédera.

Armoiries d'Henri, Roi de Pologne, Grand-duc de Lituanie





dimanche 23 août 2020

23 août 1939 / 1989 / 2020 : la Voie Balte toujours d'actualité

 

Tous les 23 août, les Baltes célèbrent un double événement : l’un, tragique dans ses conséquences, le Pacte Molotov – Ribbentrop du 23 août 1939, l’autre, synonyme de révolte et d’espoir, la Voie Balte du 23 août 1989

Après leur retour (Lituanie) ou leur accession (Lettonie, Estonie) à l’indépendance en 1918, les États baltes avaient signé avec la Russie soviétique des traités de paix et des pactes de non-agression. Pressentant le conflit européen, ils avaient adopté, début novembre 1938, des textes de lois destinés à manifester leur volonté de rester neutres, à l’écart d’un éventuel conflit.

De son côté l’URSS, inquiète des projets d’expansion à l’est de l’Allemagne cherchait à conclure des accords d’alliance, y compris d’entraide militaire, avec la France et la Grande-Bretagne. Mais ces derniers, faisant preuve d’atermoiements, les soviétiques vont se détourner des démocraties occidentales pour se rabattre sur un accord avec l’Allemagne nazie.

Le 23 août 1939, l'Union soviétique, représentée par son Ministre des Affaires Étrangères, Viatcheslav Molotov, et l'Allemagne nazie, représentée par son homologue, Joachim von Ribbentrop, signent à Moscou un Traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union des républiques socialistes soviétiques, plus communément appelé Pacte Molotov-Ribbentrop.


Le traité proclamait un renoncement au conflit entre les deux pays, ainsi qu'une position de neutralité dans le cas où l'un des deux pays signataires serait attaqué par une tierce partie.

Mais le traité comportait également plusieurs protocoles restés longtemps secrets qui déterminèrent le destin des États Baltes pour 50 ans. Dans ces protocoles, les deux puissances totalitaires s’entendaient pour se partager la Pologne et pour désigner la frontière nord de la Lituanie comme ligne de partage entre leurs « sphères d’influence ». Ainsi, la Finlande, l’Estonie et la Lettonie tombaient dans la sphère d’influence soviétique, la Lituanie dans celle de l’Allemagne.

Ayant les mains libres à l’est, Hitler envahit donc « tranquillement » la Pologne le 1er septembre 1939, ce qui conduisit à la Deuxième Guerre mondiale par l’intervention, le 3 Septembre, de la France et de la Grande-Bretagne volant au secours de leur allié polonais. De son côté, l’URSS envahit la Pologne par l’est le 17 septembre 1939, sans même de déclaration de guerre préalable. Le 28 septembre 1939, les deux puissances totalitaires signèrent un nouvel accord de délimitation des frontières, avec un accord secret complémentaire par lequel la Lituanie tombait, à présent, dans la sphère des intérêts soviétiques.

On n’oubliera pas également que, suite au pacte, l’URSS approvisionna largement l’Allemagne en matières premières (notamment pétrole, caoutchouc, céréales), ce qui permit à celle-ci de constituer des stocks nécessaires à son armée et à son industrie pour la suite de la guerre. C'est ainsi grâce à de l'essence russe que l'Allemagne put envahir la France en mai 1940 ! (Ci-dessous, fraternisation de soldats nazis et russes).


Aujourd’hui, la Fédération de Russie ne fait commencer la seconde Guerre Mondiale qu’en 1941, revendiquant même le titre de principal vainqueur. C’est « oublier » un peu rapidement que, pendant deux ans, elle fut un allié fidèle du régime nazi. Ça en serait presque cocasse si, dans le même temps, elle n'accusait pas les États baltes d'encourager la résurgence du nazisme chez eux ! 

Cinquante ans après, le 23 août 1989, en signe de protestation contre l’occupation dont ils étaient victimes, 2 millions de Baltes (soit un quart de la population totale) se donnèrent la main sur 675 km, entre Vilnius et Tallinn via Riga. Ce fut la Voie Balte, destinée à attirer l'attention de l'Occident sur le sort des États baltes. Les participants demandaient la reconnaissance des protocoles secrets du pacte Molotov-Ribbentrop, mais surtout le rétablissement de leur indépendance et de leur liberté.



Depuis 2009, le 23 août est la Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme.


Aujourd'hui, 23 août 2020, une chaine humaine devrait relier Vilnius à la frontière bélarusse en soutien du combat du peuple bélarusse pour la démocratie contre l'autoritarisme. A Paris, une chaîne de solidarité avec le Bélarus aura lieu également ce dimanche le 23 août à 18H00, sur les Parvis des Droits de l'homme coté Jardins du Trocadero, irganisée par les groupes d'initiative du Bélarus, d'Ukraine, de Lituanie, de Lettonie, d'Estonie, de Pologne, de Roumanie, de Géorgie et de Moldavie.



mercredi 19 août 2020

Retour sur l'étrange putsch de Moscou (19 – 22 août 1991)

 

Vingt neuf ans après, nous n'avons toujours pas fini d'apurer les comptes suite à l'étrange putsch qui s'est déroulé à Moscou du 19 au 22 août 1991. Après être revenu, dans une première partie, sur les faits, je mettrai en exergue, dans la deuxième partie, les incohérences de ce putsch afin d'essayer d'en tirer des conclusions.

En URSS, toute fin commençait par ça ........

1ère partie : Les faits

Le 19 Août 1991 au matin, les Russes, et au-delà les soviétiques, qui avaient appris à lire entre les lignes, se doutèrent qu’il se passait quelque chose car leur télévision passait en boucle le « Lac des cygnes » ! En effet, ce 19 Août à 6H du matin, un « Comité d’État pour l’état d’urgence » s’approprie le pouvoir au Kremlin. Parmi les comploteurs, il y a du beau monde. A commencer par Guennadi Ianaïev, Vice-président de l'URSS, Valentin Pavlov, Premier Ministre de l'URSS, Vladimir Krioutchkov, Président du KGB, Boris Pugo, Ministre (letton) de l'Intérieur et Dmitri Iazov, Ministre de la Défense.

C'est la publication du projet de traité de l'Union, le jeudi 15 août, qui a précipité l'instauration de cet état d'urgence, opération envisagée depuis quelque temps. Alors que six des quinze républiques soviétiques (les trois républiques baltes, la Moldavie, la Géorgie et l'Arménie) restaient à l'écart d'une négociation qui leur paraissait incompatible avec leur aspiration à l'indépendance, les neuf autres avaient accepté de participer à l'élaboration des nouvelles règles du jeu de l’URSS. Mais, même pour celles-ci, les dispositions sont floues, ambiguës, voire contradictoires et ne satisfont personne. Ainsi, comment concilier la disposition qui fait de chaque république "un État souverain" et celle qui qualifie la nouvelle Union des Républiques soviétiques souveraines d'"État fédéral démocratique et souverain" ?

Mikhaïl Gorbatchev

Mikhaïl Gorbatchev, Secrétaire général du parti communiste et Président de l’Union soviétique,  est depuis le 4 août en vacances en Crimée dans sa somptueuse datcha de Foros. Le 18 août, une délégation des conjurés arrive là-bas, le relevant de ses fonctions et le séquestrant.  Ils justifient le « départ » du Président par une incapacité d'exercer ses fonctions pour des raisons de santé, argument déjà invoqué pour destituer Khrouchtchev en 1964, déjà en séjour sur les bords de la Mer Noire…….  

Les huit putschistes du « Comité d’État pour l'état d'urgence », représentant un éventail des principaux intérêts menacés par la politique de réformes de Mikhaïl Gorbatchev, proclament l'état d'urgence, rétablissent la censure et font entrer les chars à Moscou.

Très rapidement, des manifestations importantes contre les dirigeants du coup d'État se déroulent à Moscou et à Leningrad (ancien nom de Saint-Pétersbourg) et le président de la Russie, Boris Eltsine,  dirige la résistance depuis la Maison Blanche, le parlement russe. Un assaut planifié du bâtiment par la force ALFA, force spéciale du KGB, échoue après que les troupes eurent unanimement refusé d'obéir. Durant l'une des manifestations, Eltsine se tint debout sur un blindé pour condamner la « junte ». L'image, diffusée dans le monde entier à la télévision, devint l'une des images les plus marquantes du coup d'État et renforça très fortement la position de Eltsine. Le 21 août 1991, une large majorité des troupes envoyées à Moscou pour soutenir le putsch se rangea au contraire ouvertement aux côtés des manifestants ou firent défection.

Dès le 22 août 1991, tout était terminé, l'armée avait fraternisé avec la foule, après que Boris Eltsine, monté sur un char, ait appelé à défendre le pouvoir légitime de Gorbatchev. Mikhaïl Gorbatchev put regagner Moscou. Les putschistes furent arrêtés.

La tête du tankiste qui ne se rend pas compte qu'il vient d'entrer dans l'Histoire ! 

2ème partie : Les incohérences du putsch

Ce fut sans doute un des coups d’État les plus mal préparés de l’histoire. En effet, la vraie surprise viendra du degré d’impréparation des putschistes qui n’arrivèrent pas à empêcher les manifestations. Parmi les incongruités, on relèvera :

# S’il fut destitué comme Président, Gorbatchev conserva le Secrétariat général du parti communiste et, à ce titre, contrôla toujours, du moins sur le papier, l’armée et le KGB.

# Le « Comité pour l’état d’urgence » censura la télévision, mais laissa diffuser des images de Boris Eltsine fraternisant avec les tankistes.

# De même, le Comité laissa diffuser des appels de Chevardnadze et de Iakovlev appelant à constituer des comités de soutien à Gorbatchev.

# Plus généralement, Eltsine bénéficia d’une totale liberté de déplacement et d’expression, se forgeant ainsi une carrure de héros démocrate.

# Le Comité resta d’ailleurs muet, enfermé au Kremlin, n’osant pas utiliser la force (la Division Taman fera même allégeance à Boris Eltsine), et n’ayant pas non plus recours à la structure du pouvoir : le parti communiste.

Gorbatchev de retour de Crimée, qui ne se rend pas compte qu'il vient de sortir de l'histoire ......


A qui profita le "crime" ?

Ce putsch version Pieds Nickelés, dont l’échec a eu une grande influence sur l’Histoire mondiale, a donné lieu à toutes les hypothèses.

La plus couramment admise fut celle du premier degré, un putsch des conservateurs qui échoua du fait notamment de l’opposition de la population qui ne voulait pas revenir en arrière sur les acquis de la perestroïka.  

Une autre version affirma que Boris Eltsine, Président démocratiquement élu de la Russie, était au courant du putsch et qu’il a laissé faire en vue de le récupérer (ce qui est de facto arrivé). C’est indubitablement lui qui a été le bénéficiaire de ce putsch.

D’autres encore pensèrent que c’est Gorbatchev qui avait tout monté, dans une partie de billard à plusieurs bandes visant à discréditer les « durs ». Auquel cas, il s’est planté puisque supplanté par Eltsine, et l’U.R.S.S. a bel et bien implosé le 21 Décembre 1991. Mais, après avoir réclamé son retour au cours du putsch, les Occidentaux ne purent pas faire autrement que d’augmenter leur aide économique et financière à l’URSS dans les mois qui suivirent.

 (NB : les putschistes furent arrêtés, condamnés, puis amnistiés en 1994. Ils eurent une fin de vie paisible, à l’exception de Boris Pougo qui s’est suicidé …… ou qui a été suicidé).

Aujourd’hui, la Russie est dirigée par un ancien Lieutenant-colonel du KGB qui a déclaré que la chute de l’URSS était la plus grande catastrophe du XXe siècle et qui n’a de cesse de faire revenir, y compris par la coercition, l’étranger proche dans le giron de la Russie. 

Alors, tout ça pour ça ? 

  


jeudi 23 juillet 2020

23 juillet 1940 : la déclaration Welles




Benjamin Sumner Welles (photo) serait peut-être resté un diplomate américain relativement anonyme si, le 23 juillet 1940, Secrétaire d’État (= Ministre des Affaires Étrangères) par intérim, il n’avait signé ce qui est resté dans l’histoire comme la déclaration Welles. Revenons sur les faits et leur contexte.

Il faut d’abord évoquer la Doctrine Stimson. Du nom de Henry L. Stimson, Secrétaire d’État de 1929 à 1933, auteur d’une note du 7 janvier 1932, cette doctrine stipulait que le gouvernement fédéral des États-Unis ne reconnaîtrait pas les changements territoriaux qui auraient été imposés. Cette note visait d’abord l’invasion japonaise de la Manchourie, survenue fin 1931.

C’est cette doctrine qui est invoquée le 23 juillet 1940 par le Sous-secrétaire d’État Sumner Welles dans sa note annonçant la non-reconnaissance par les États-Unis de l’annexion des États baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie.

On rappellera que les États-Unis avaient reconnu pleinement l’indépendance de jure des trois États baltes le 26 juillet 1922. Mais ils menaient globalement une politique de neutralité et de non-intervention, le Président Franklin D. Roosevelt ne souhaitant pas mener le pays à la guerre.

Les choses allaient changer avec les protocoles secrets du Pacte Molotov – Ribbentrop (23 août 1939), qui ne seront révélés qu’en 1945, par lesquels les deux puissances totalitaires se partageaient les États baltes, l’Estonie et la Lettonie tombant dans la sphère d’influence de l’Union soviétique, la Lituanie – initialement - dans celle de l’Allemagne nazie (un protocole additionnel de septembre 1939 la fera tomber, elle aussi, dans la sphère d’influence de l’URSS).

Fin 1939 – début 1940, l’Union soviétique émit une série d’ultimatum en direction des États baltes qui conduisirent à l'occupation de ceux-ci et à leur annexion illégale en juin et juillet 1940. De pseudo élections aux « assemblées populaires » furent organisées à la mi-juillet 1940 à l’issue desquelles les listes soutenues par les soviétiques, les seules autorisées à participer, reçurent entre 92,2 % et 99,2 % des voix (les résultats parurent même 24 heures avant la clôture des « scrutins »). 

En conséquence, la Lituanie fut incorporée à l’URSS le 3 août 1940, la Lettonie le 5 août et l’Estonie le 6 août.

Mais, dès le 23 juillet 1940, Sumner Welles, qui assurait l’intérim pendant la maladie du Secrétaire d’État Cordell Hull, avait fait une proclamation, initialement rédigée par Loy Henderson, mais durcie en accord avec le Président Franklin D. Roosevelt :




Pendant 51 ans, même si elle était largement symbolique, la position officielle de la diplomatie U.S. fut que les États baltes avaient été annexés de force. Toutes les cartes américaines faisaient apparaître des États baltes souverains et, le 26 juillet 1983, 61ème anniversaire de la reconnaissance de leur indépendance par les États-Unis en 1922, le Président Ronald Reagan réitéra cette reconnaissance dans une déclaration lue à la tribune des Nations Unies.

On mesure aujourd'hui l'évolution, pas toujours positive, avec un président U.S. Donald Trump que l'on soupçonne d'être prêt à reconnaître, au moins de facto, l'occupation puis le rattachement illégal de la Crimée ukrainienne à la Russie !