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mardi 10 juillet 2012

11 Juillet 1918 : Mindaugas II, Roi de Lituanie


Ceux qui s’intéressent à la Lituanie savent qu’il n’y a eu qu’un seul Roi de Lituanie, Mindaugas, qui a régné de 1253 à 1263. En fait, ce n’est pas tout à fait exact. Mindaugas (ainsi que son épouse Morta) a été le seul Roi couronné de Lituanie.

Il y eut en effet deux autres Rois de Lituanie :

      # Vytautas reçut le titre de Roi en Janvier 1429. L’Empereur Sigismond (du Saint Empire Romain germanique) lui envoya la couronne, mais ses envoyés furent stoppés par les magnats polonais à l’automne 1430. Une seconde lui fut envoyée, mais Vytautas mourut au château de Trakai le 27 Octobre 1430, avant que la couronne ne lui parvienne.

      # Mindaugas II, celui qui nous intéresse aujourd’hui,  (Wilhelm Karl Florestan Gero Crescentius, Fürst Wilhelm von Urach, Graf von Württemberg, 2. Herzog von Urach) a « régné » du 11 Juillet 1918 au 2 Novembre 1918.

Le Conseil de Lituanie (Lietuvos Taryba) avait proclamé l’indépendance du pays le 16 Février 1918, mais il n’avait aucun pouvoir du fait de la présence des troupes allemandes. Les Allemands exerçaient d’ailleurs de fortes pressions sur les Lituaniens afin que la Lituanie soit incorporée dans l’Empire Allemand. Les Lituaniens, qui souhaitaient conserver leur indépendance, pensèrent éloigner le danger en établissant une monarchie constitutionnelle.

Le 4 Juin 1918, la Taryba offrit le trône du Royaume de Lituanie à Guillaume, 2ème duc d’Urach. Celui-ci avait l’avantage d’être catholique (religion dominante en Lituanie), de ne pas être un Hohenzollern (famille de l’Empereur d’Allemagne Guillaume II), et d’avoir effectué une brillante carrière militaire. On pouvait en outre espérer, en choisissant un souverain d’origine germanique, que l’Allemagne volerait au secours de la Lituanie en cas d’intrusion russe. En contrepartie, Guillaume d’Urach devait s’engager à vivre en Lituanie et à apprendre la langue lituanienne. Guillaume accepta la proposition le 11 Juillet 1918.

Toutefois, le choix de Guillaume d’Urach ne fit pas l’unanimité. Les quatre membres socialistes de la Taryba étaient opposés à cette nomination. De son côté, le gouvernement allemand soutenait la candidature de Matthias Erzberger, un politicien influent, qui sera signataire de l’armistice du 11 Novembre 1918 à Compiègne. Guillaume d’Urach commença à apprendre le Lituanien, mais il ne vint jamais en Lituanie, restant dans son château de Lichtenstein, au sud de Stuttgart (ci-dessous). 


Lorsqu’il devint évident que l’Allemagne allait perdre la guerre, la Taryba lituanienne revint sur sa décision. Guillaume d’Urach avait « régné » pendant 114 jours, sans jamais mettre les pieds en Lituanie. Il décédera le 24 Mars 1928.  

dimanche 8 juillet 2012

7 et 9 Juillet 1807 : les traités de Tilsit


Si l’iconographie a popularisé la rencontre des deux empereurs, Alexandre 1er de Russie et Napoléon 1er, sur une barge de luxe au milieu du Niémen à Tilsit, on ne sait pas toujours que cette rencontre a débouché sur deux traités : l’un, secret, le 7 Juillet, entre la France et la Russie, et l’autre, public, le 9 Juillet, entre la France et la Prusse, consacrant le démembrement de cette dernière.

Au départ, il avait eu la quatrième coalition, formée le 1er Octobre 1806 par l’Angleterre, la Russie et la Prusse, celle-ci refusant la création de la Confédération du Rhin imposée par Napoléon. Mais, après leurs victoires à Iéna et Auerstedt contre la Prusse (14 Octobre 1806), les troupes françaises entrent à Berlin le 27 Octobre 1806. C’est à Berlin que Napoléon signe, le 21 Novembre 1806, un important décret instituant le blocus continental contre l’Angleterre.

Après la demi-victoire d’Eylau (aujourd’hui Bagrationovsk – 8 Février 1807), la victoire des Français sur les Russes du Général Bennigsen à Friedland (aujourd’hui Pravdinsk – 14 Juin 1807) est écrasante. Ce sont les généraux russes qui vont supplier le tsar de solliciter un armistice. De son côté, Napoléon, au sommet de sa gloire, espère en finir avec la résistance du Royaume-Uni en associant la Russie au blocus destiné à ruiner l’économie britannique. Mais l’accord est mal accueilli en Russie car on devine que le blocus continental va ruiner la Russie. Le tsar Alexandre 1er, qui a peur en outre de finir assassiné comme son père Paul 1er, va rapidement prendre ses distances avec Napoléon.


La Prusse doit, elle aussi, adhérer au blocus continental et payer une lourde indemnité de guerre. Elle perd une grande partie de son territoire avec la création du Royaume de Westphalie et du Duché de Varsovie. On notera au passage que Napoléon n’a pas utilisé le terme de Pologne, de façon à ménager la susceptibilité du tsar.


Pour la petite histoire, on sait que la reine de Prusse, Louise de Mecklembourg-Strelitz, épouse du roi Frédéric-Guillaume III, avait accompagné avec beaucoup de courage les troupes prussiennes en guerre contre les Français. Pendant la conférence de Tilsit, elle avait tenté d’utiliser son charme (elle était, paraît-il, d’une grande beauté) auprès de Napoléon pour adoucir les conditions imposées par le vainqueur. Mais ce fut en vain.      


Aujourd’hui, Tilsit / Sovetsk est reliée à la Lituanie (Panemunė) par le pont de la reine Louise sur le Niémen. Ce pont fut construit entre 1904 et 1907, et inauguré le 18 Octobre 1907, pour le centenaire de la paix de Tilsit.  



samedi 7 juillet 2012

7 Juillet 1887 : naissance de Marc Chagall


Marc Chagall est né Moïshe Zakharovitch Chagalov  le 7 Juillet 1887 à Liozna, près de Vitebsk, au nord-est de l’actuel Bélarus. La région avait fait partie du Grand-duché de Lituanie depuis 1320 avant d’être incorporée à l’empire russe lors du premier partage de la République des Deux Nations en 1772.


Mais la peinture de Marc Chagall, naturalisé français en 1937, a surtout été influencée par la tradition juive et par la vie du shtetl, littéralement une petite ville en Europe de l’est avant la seconde guerre mondiale. Car il est un exemple de Litwak ou Juif lituanien (au sens Grand-duché de Lituanie).

Formé à l’Ecole des Beaux-arts de Saint-Pétersbourg, il bénéficie d’une bourse en 1910 pour partir étudier à Paris et y expose pour la première fois en 1914. De retour à Vitebsk en 1915, il ne pourra revenir à Paris qu’en 1922. Le 7 Juillet 1937, il obtient la citoyenneté française afin, du moins le pense-t-il, d’échapper à l’antisémitisme en Europe centrale. Il est néanmoins arrêté à la fin du printemps 1941 et il ne doit son salut qu’à un journaliste américain qui lui permet de rejoindre les Etats-Unis. Il ne reviendra en France qu’en 1948 pour s’installer à Vence et il décédera à Saint-Paul de Vence le 28 Mars 1985, à l’âge de 97 ans. 
   
Une de ses œuvres les plus connues, mais aussi les plus décriées, est le plafond de l’Opéra Garnier à Paris (ci-dessous), peint en 1964 suite à une commande du Ministre de la Culture de l’époque, André Malraux.


Pour une biographie plus complète, consulter par exemple : http://www.moreeuw.com/histoire-art/marc-chagall-biographie.htm

Au nombre des Litwaks célèbres de cette époque, on citera trois autres peintres, très liés, et qui se iront eux aussi à Paris : Mikhaïl Kikoïne (né à Gomel en 1892), Chaïm Soutine (né près de Minsk en 1893) et Pinchus Kremegne (né près de Lida en 1890). On y rajoutera le sculpteur Jacques Lipchitz, né à Druskininkai en 1891. 

vendredi 6 juillet 2012

De retour, mais ……


Voilà près de 48 heures que je suis de retour, mais on n’efface pas comme ça 15 jours d’absence et d’emails accumulés. Il me faudra donc « un certain temps » avant de reprendre un rythme normal (sic).

Bien sûr, je voudrais vous faire partager les moments les plus forts du voyage en Lettonie et Lituanie avec ma Promotion de Saint-Cyr, dont les participants ont bien voulu me témoigner du succès de l’organisation.


Peut-être vous évoquerais-je, même si ça n’a guère de rapport, la découverte de la tombe du M. Pierre Messmer, héros de la France libre, ministre du Général de Gaulle et Premier Ministre de Georges Pompidou, d’origine alsacienne, à Saint-Gildas de Rhuys dans le Morbihan.



Mais je voudrais bien évidemment reprendre les posts sur ce blog, en collant au plus près de l’actualité et de l’histoire, tout en corrigeant un long article sur le général lituanien de la Grande Armée Liudvikas Mykolas Pacas (ci-dessous) qu’on m’a demandé d’amender (à croire que je ne suis finalement pas fait pour l’écriture !). Sans oublier de me plonger dans la généalogie des Kosciuszko, de revoir ma conférence sur la résistance lituanienne à l’occupation soviétique (conférence possible à Bordeaux à l’automne) et de me préparer à une intervention sur la mission particulière du Maréchal Macdonald en Courlande en 1812 (colloque possible à Riga).


Bref, je ne suis pas prêt d’être désœuvré, et c’est tant mieux !!