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jeudi 28 mars 2013

Le point sur l’élargissement de l’Union Européenne



Drapeaux européen et croate

Dans le maelström des informations traitées (ou d’ailleurs non traitées ….) par les médias français, la nouvelle vous a peut-être échappé : la Croatie deviendra au 1er Juillet 2013 membre de l’Union Européenne. C’est donc une UE à 28 que la Lituanie présidera à compter de la même date, pour 6 mois.

Dubrovnik

Je me souviens que, lors du passage à l’UE-25 (2004), un sondage effectué au niveau européen montrait que 80 % des Européens ignoraient combien d’Etats constituaient l’UE ! On n’en était pas à leur demander lesquels……Il ne me semble donc pas a fortiori inutile de faire le point sur les perspectives d’élargissement futures et sur quelques originalités de l’Union Européenne.

Actuellement (fin Mars 2013), les Etats suivants ont le statut de candidats à l’UE (par ordre alphabétique – Entre parenthèse, leur capitale) :  
    # Islande (Reykjavik)
    # Macédoine (Skopje – a un litige sur son nom avec la Grèce)
    # Monténégro (Podgorica)
    # Serbie (Belgrade)
    # Turquie (Ankara)

Ont le statut reconnu de candidat potentiel :
    # Albanie (Tirana - a soumis sa candidature mais n’est pas encore reconnue comme candidat)
    # Bosnie-Herzégovine (Sarajevo)
    # Kosovo (Pristina - Etat non reconnu internationalement qui a de facto l’euro comme monnaie)

Les Etats du partenariat oriental, mais dont certains se trouvent géographiquement en Asie (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) et certains pourraient plutôt pencher vers l’union douanière proposée par la Russie (Bélarus, voire Ukraine) :
    # Arménie (Erevan – en conflit avec l’Azerbaïdjan à cause du Haut-Karabagh)
    # Azerbaïdjan (Bakou)
    # Bélarus (Minsk)
    # Géorgie (Tbilissi – dont l’Abkhazie et l’Ossétie du sud ont fait sécession)
    # Moldavie (Chisinau – dont une partie, la « République moldave du Dniestr », ou Transnistrie, reconnue par personne, a fait sécession)
    # Ukraine (Kyiv / Kiev)


Des Etats de l’Association européenne de libre-échange (AELE) ne sont pas candidats (pour l’instant ……) à une adhésion à l’UE. Mais ils sont étroitement liés à l’UE (Ils sont notamment tous les trois membres de l’Espace Schengen) :
    # Liechtenstein (Vaduz)
    # Norvège (Oslo)
    # Suisse (Berne)

On citera également des micro-états associés (Monaco, Saint-Marin, Vatican) qui sont de facto membres de l’Union européenne sans l’être officiellement et qui ont comme monnaie l’euro avec une face nationale, et des micro-états non-associés (Andorre, Liechtenstein) qui ne souhaitent pas être membre de facto ou officiellement de l’UE, bien qu’Andorre ait comme monnaie l’euro sans face nationale !

Enfin, il ne faut pas exclure la possibilité d’un élargissement interne de l’Union européenne par l’adhésion quasi automatique d’une entité actuellement partie d’un Etat membre de l’UE. On pense notamment à l’Ecosse qui va organiser un référendum sur son indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni en 2014.
Au rang des « originalités » des Etats membres actuels, qui doivent occuper le temps d’un certain nombre de fonctionnaires européens à Bruxelles, on notera notamment :

    # Chypre est géographiquement en Asie, a sa partie nord occupée militairement par un Etat candidat, la Turquie, et a sur son territoire deux bases britanniques qui ne sont pas membres de l’UE !
    # Espagne : les exclaves de Ceuta et Melilla et les îles Canaries sont en Afrique, font partie de l’UE, mais ne font pas partie de son territoire fiscal.
    # France : les départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) font partie de l’UE, mais pas les territoires d’outre-mer. Mayotte, nouveau département français, ne deviendra une région ultrapériphérique de l’Union qu’au 1er Janvier 2014.
    # Danemark : le territoire autonome du Groenland ne fait pas partie de l’UE
    # Jersey, Guernesey et l’île de Man, qui appartiennent à la couronne britannique et non pas au Royaume-Uni de Grande-Bretagne, ne font pas partie de l’UE
    # Italie : les territoires de Livigno et de Campione d’Italia ne font pas partie de l’UE (allez savoir pourquoi ……). Avec les eaux du lac de Lugano, ils ne font pas partie du territoire fiscal communautaire.
    # Ne font pas partie du territoire fiscal communautaire, outre les lieux déjà cités, l’île de Helgoland et Büsingen (enclavée en territoire suisse) en Allemagne, le Mont Athos en Grèce et les îles Åland en Finlande, qui est un Etat libre associé où l’on parle suédois !   


    
Pour vous occuper pendant un week-end de Pâques qui s’annonce pluvieux (ne serait-ce qu'à reconnaître les drapeaux) : ci-dessous, le diagramme d’Euler des espaces européens : 






mercredi 27 mars 2013

25 – 29 Mars 1949 : déportation de 49 826 Lettons par les soviétiques



Tous les territoires qui furent « attribués » à l’URSS par le Pacte Molotov – Ribbentrop du 23 Août 1939 subirent, dès leur occupation, des déportations et des liquidations soviétiques, puis nazies et de nouveau soviétique. Ce fut le cas dans l’est de la Pologne dès Septembre 1939, dans les Etats Baltes et en Bessarabie dès Juillet 1940. Eu égard à sa population, c’est la Lettonie qui en a le plus souffert. On rappellera que, depuis 1918, les trois Etats baltes étaient des Etats souverains, membre de la Société des Nations, à l’indépendance reconnue internationalement, y compris par la Russie soviétique.

La première vague de déportations du fait des soviétiques eut lieu les 13 et 14 Juin 1941. 14 194 personnes (selon des sources lettones) ont été déportées, principalement dans la région de Krasnojarsk. Parmi eux, on comptait 1 614 enfants de moins de 7 ans (11,3 %) et 2137 jeunes de moins de 16 ans (15 %).
Après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne nazie le 22 Juin 1941, 60 000 des 66 000 Juifs restant sur le territoire letton (5 000 faisaient partie des déportés de Juin 1941) furent exécutés.

Au cours de l’avance des soviétiques, Riga fut réoccupée le 13 Octobre 1944. 100 000 Lettons furent déportés entre 1946 et 1953, auquel on ajoutera les 25 000 victimes de la guerre des partisans contre l’occupant soviétique.

La déportation la plus importante eut lieu entre les 25 et 29 Mars 1949 et toucha principalement les paysans (les « koulaks ») car elle entrait dans le cadre de la collectivisation forcée de l’agriculture. Sur 49 826 déportés, 3 369 avaient moins de 7 ans (6,7 %), 7 621 moins de 16 ans (15,3 %).


Le signataire et responsable principal des déportations entre 1949 et 1953 fut le Général-major Noviks Alfons, Ministre de la sécurité d’Etat de la RSS de Lettonie. Arrêté en 1994, il fut reconnu coupable de génocide et de crimes contre l’humanité, et condamné à la prison à perpétuité par un tribunal letton le 13 Décembre 1995. Les déportations de 1949 valurent à leurs auteurs 75 médailles du drapeau rouge, décoration militaire attribuée pour fait d’arme sur le champ de bataille ……

On pourra consulter avec profit le site du Musée virtuel du goulag http://museum.gulagmemories.eu/fr/thematique et notamment la partie « La répression dans les territoires annexés à l’URSS – 1944-1952 ». On pourra également lire ou relire « En escarpins dans les neiges de Sibérie » de Sandra Kalniete, née au goulag de Togour en 1952, ancien Ambassadeur de Lettonie en France (1997 – 2002) et auprès de l’UNESCO, ancien Ministre des Affaires Etrangères de Lettonie (2002 – 2004).


Les crimes soviétiques sont une réalité, tout comme les crimes nazis. En aucun cas, les crimes des uns ne peuvent excuser les crimes des autres, même s’ils sont vainqueurs. Il est dommage que la Fédération de Russie d’aujourd’hui ne reconnaisse même toujours pas qu’il y ait eu occupation des Etats baltes.

mardi 26 mars 2013

Conférence au Centre Robert Schuman de Kaunas



Comme c’est devenu désormais quasiment une tradition, j’ai prononcé une conférence le 18 Mars dernier au Centre Robert Schuman de Kaunas (Lituanie), dans le cadre du mois de la Francophonie. Le thème était « Le destin étonnant du comte Liudvikas Mykolas Pacas », Général lituanien de Napoléon 1er (1778 ou 1780 – 1835). C’était une adaptation d’une conférence que j’avais déjà faite à Strasbourg devant l’Association Alsace – Lituanie le 29 Septembre 2012.

Le comte Liudvikas Mykolas Pacas

Entre 15 et 20 personnes étaient venues m’écouter, dont un historien amateur depuis Klaipėda (200 km) et d’autres depuis Marijampolė (50 km). Cette conférence s’est terminée, comme à l’habitude, par un pot amical dans les locaux que le Centre Robert Schuman occupe au sein de l’Université Technologique de Kaunas (Kauno Technologijos Universitetas - KTU).

Le logo de KTU

En 2013, le Centre Robert Schuman fête son vingtième anniversaire, sous la présidence de l’infatigable Birutė Strakšienė, professeur de langue française. Lointain descendant de la Société Lituano – Française créée en 1923, le Centre a accueilli en 20 ans un nombre incroyable de conférenciers grâce à la pugnacité de Birutė : une vice-ministre lituanienne (Mme Asta Skaisgirytė-Liauškienė), un président du Sénat français (M. René Monory en 1996), des sénateurs français, des nonces apostoliques, des ambassadeurs belges, canadiens, français, suisses, mais aussi grec, espagnol ou roumain. Mais aussi un comte français, un commandant de CRS, des étudiants Erasmus et des élèves-officiers Saint-Cyriens !

Avec Birutė Strakšienė

Baptisé le Chevalier non teutonique, j’y ai apporté au fil des ans ma modeste contribution, avec des conférences comme « Le quiproquo franco-lituanien à travers la campagne de Napoléon en Russie » ou « Louis XVIII, un SDF royal en Courlande ». Un de mes grands souvenirs fut justement une conférence sur « Les chevaliers teutoniques en Lituanie » effectuée au profit des professeurs et des doctorants de l’Université Vytautas le Grand de Kaunas (Vytauto Didžiojo universitetas – VDU). Moi dont le dernier titre académique connu est le baccalauréat (oui, mais le dernier vrai : 1967 !)……

Aujourd’hui, le Centre Robert Schuman de Kaunas est en danger ! Son financement, en provenance de la Fondation Robert Schuman, est passé de 25 000 € en 2007 à 10 000 € en 2012. Pire, la demande de financement 2013 est restée jusqu’à présent sans réponse. Mais surtout, suite à un contrat passé en 2003 entre KTU et la Fondation, cette dernière faisant rénover les locaux à ses frais, le Centre Robert Schuman ne devait pas payer de loyer pendant 10 ans. Faites le calcul : 2003 + 10 = 2013 ……

Il serait dommage que le Centre Robert Schuman de Kaunas disparaisse, même si la crise est là pour (en principe) tout le monde. Avec lui, ce serait la Francophonie à Kaunas et une grande partie de la francophonie en Lituanie qui disparaîtraient. Espérons qu’une solution sera trouvée, eu égard au travail effectué par Birutė pendant 20 ans. En ce qui me concerne, je suis prêt à revenir tous les ans (à mes frais, comme je l’ai toujours fait) pour le mois de la Francophonie.     



A Kyiv, c’est le printemps (LOL)

Le week-end dernier, notamment samedi 23 Mars, il est tombé à Kyiv (rappel : capitale de l’Ukraine forte de 2,8 millions d’habitants) 50 centimètres de neige. Ce fut en une journée plus de neige que la moyenne mensuelle (47 cm). On peut donc pardonner à la ville si elle a été quelque peu désorganisée……

Voici quelques photos issues de divers médias ukrainiens :


Maidan Nezalejnosti (Place de l'Indépendance)

Descente Saint-André, dans le "Montmartre de Kyiv"




Maidan Nezalejnosti (Place de l'Indépendance)
Je ne peux m’empêcher de comparer avec la chute de neige, qui elle n’avait rien d’exceptionnel,  qui a paralysé Paris le 12 Mars dernier. De passage le lendemain sur la route de l’aéroport de Roissy, je me demandais, au vu des trottoirs verglacés autour de la Gare Montparnasse, s’il était toujours obligatoire pour les riverains de déneiger devant chez eux. Si oui, c’est une obligation manifestement inconnue ! 

Certaines n'ont pas froid aux yeux !.....