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dimanche 23 juin 2013

De retour……


Après 15 jours d’absence et près de 4000 km à travers la France plus loin, me voici de retour. Bien évidemment, le monde, y compris le monde balte, a continué de tourner.

Dans les jours qui viennent, j’essaierai d’évoquer la Présidence lituanienne du Conseil de l’Union Européenne, et notamment les chances de signature de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE. J’évoquerai également le futur exercice russo-bélarusse Zapad-2013 dont le thème, qui a des relents très « back to USSR », concerne directement la Pologne et la Lituanie.

Mais comment ne pas déjà parler du feu qui a ravagé une partie du château de Riga (Lettonie), siège de la Présidence de la République Lettone et du Musée National d’Histoire dans la nuit du 20 au 21 Juin. Au total 3 200 m2 ont été la proie des flammes, dont 2 400 m2 de combles et de charpente en bois, mais aussi des salles de réception de la Présidence. Des objets du Musée National ont été abimés par l’eau mais aucun n’a été apparemment détruit. C’est le feu le plus important qu’ait affecté la Lettonie depuis des années et le Président Andris Bērziņš a parlé de désastre national.


Les causes de cet incendie sont encore inconnues, mais des travaux de rénovation étaient en cours, ce qui pourrait être une piste. Les pompiers sont arrivés rapidement sur place, mais il semblerait que leur matériel, dont une moitié date encore de l’époque soviétique, aiurait pu être plus performant...... On déplore uniquement un pompier intoxiqué.






mercredi 5 juin 2013

Absence pour raison de ……"Tour du monde"


Je vais être absent de demain jeudi 6 Juin au samedi 22 Juin soir. Une des raisons de cette absence sera un …… Tour du monde, mais en deux jours, selon le slogan des Journées Consulaires de Lyon !!



Je rappelle que les Fêtes Consulaires se tiennent place Bellecour à Lyon 2° (Métro A et D, station Bellecour). Nous vous y accueillerons, notamment au stand de la Lituanie) le samedi 8 Juin de 11H à 20H et le dimanche 9 Juin de 12H à 18H. L’accès en est gratuit, donc il n’y aura aucune excuse pour les absents !

Les jours qui suivront me verront successivement à Chamonix, Genève (non, je n’ai pas d’argent à planquer !), Romans-sur-Isère et Hyères.


A vous revoir le 23 Juin. 

Chamonix-Mont-Blanc


lundi 3 juin 2013

3 Juin 1988 : création de "Sajūdis" en Lituanie


Dans la seconde moitié des années 80, encouragés par la rhétorique de Mikhaïl Gorbatchev, remarquant que la position du syndicat Solidarność se renforçait en Pologne, soutenus par le Pape et les Etats-Unis, les mouvements indépendantistes commencèrent à organiser des manifestations publiques dans les trois capitales baltes. Mais c’est en Lituanie que tout commença vraiment.

Le 3 Juin 1988, des intellectuels lituaniens, communistes et non communistes, formèrent le Groupe d’Initiatives Sąjūdis (= Unité / en lituanien : Sąjūdžio Iniciatyvinė Grupė), lors d’une réunion à l’Académie des Sciences. Le but était de soutenir le programme glasnost (transparence), démocratisation et perestroïka (reconstruction) de Gorbatchev. Le groupe était constitué de 35 membres, principalement des artistes, dont 17 étaient membres du parti communiste.

Le 24 Juin 1988, la première manifestation de masse de Sąjūdis réunit 100 000 personnes au Parc Vingis à Vilnius. Le 23 Aout 1988, ils furent 250 000 à protester contre le pacte Molotov-Ribbentrop et ses protocoles secrets.

En Octobre 1988, Sąjūdis tint son congrès fondateur à Vilnius et élit un conseil de 35 membres. Vytautas Landsbergis, un professeur de musicologie, non membre du parti communiste, en fut élu Président.

Vytautas Landsbergis

En Février 1989, Sąjūdis déclara que la Lituanie avait été annexée de force par l’Union soviétique et que le but ultime du mouvement était le retour à l’indépendance.

Le 23 Août 1989, une chaîne humaine de 2 millions de personnes réunit Vilnius et Tallinn via Riga, afin d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur les aspirations des Pays Baltes.

En Décembre 1989, le parti communiste de Lituanie fit sécession du parti communiste d’Union soviétique et accepta d’abandonner le monopole du pouvoir. Aux premières élections libres de Février 1990, Sąjūdis put ainsi obtenir la majorité absolue (101 sièges sur 141) au Conseil suprême de la République Soviétique de Lituanie. Vytautas Landsbergis fut élu Président du Conseil suprême. Le résultat des élections conduisit à la déclaration du retour à l’indépendance du 11 Mars 1990.

Comme les opinions publiques sont versatiles, les élections législatives de 1992 ont été remportées par le Parti Démocratique du Travail, qui n’était autre que l’ancien parti communiste. Mais, par la suite, l’alternance continua à jouer, et la Lituanie redevint un Etat démocratique qu’il n’aurait cessé d’être s’il n’avait été occupé pendant 50 ans par l’Union soviétique.

On voit donc que ce 3 Juin 1988 fut un jour très important non seulement pour la Lituanie, mais aussi par les nations occupées par les soviétiques. 





dimanche 2 juin 2013

Cagliostro, Mitau / Jelgava et la franc-maçonnerie


Giuseppe (Joseph) Balsamo est un nom qui vous dit sans doute quelque chose, ne serait-ce que par le roman éponyme d’Alexandre Dumas père. C’est un aventurier né le 2 Juin 1743 (ce qui explique la raison de ce post aujourd’hui) à Palerme, personnage mystérieux qui eut son heure de gloire dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle sous le pseudonyme  d’Alessandro, comte de Cagliostro.

Giuseppe Balsamo

Rentré à douze ans au séminaire, prenant l’habit des Frères de la Miséricorde, il fut chassé de son ordre pour indélicatesses et escroqueries. A partir de là, sa vie est faite de voyages (sous des noms d’emprunt), au cours desquels il apprend quelques « secrets » d’alchimie et de médecine et se crée une réputation grâce à des cures « merveilleuses ».

C’est ainsi que Balsamo arrive à Mitau (actuelle Jelgava en Lettonie), alors capitale du Duché de Courlande et Sémigalle (Kurzeme un Zemgale), à la fin Février 1779, en provenance de Königsberg (actuelle Kaliningrad). C’est à cette époque que Joseph Balsamo prend le pseudonyme de comte de Cagliostro.

Château de Mitau / Jelgava

Initié à la franc-maçonnerie lors de son passage à Londres, Cagliostro et son épouse, Lorenza Feliciani) créent plusieurs loges à Mitau, et notamment la loge mixte « Trois cœurs couronnés » (ou « Trois épées couronnées »), inspirée du rite égyptien (mélange de science hermétique, de divination, d’évocation, de morale, avec les offices usités par les Chrétiens). Un rival, le baron von Heyking, crée en 1782, toujours à Mitau, une loge d’adoption, c'est-à-dire une loge féminine sous la tutelle d’une loge masculine. Des personnalités de haut rang affluent autour du couple et il est même prétendu que Cagliostro en profita pour comploter pour que le Duché de Courlande devienne souverain (il était alors formellement vassale du Royaume de Pologne).

Le Duc Peter von Biron règne sur la Courlande de  1769 à 1795

Il est également prétendu que Cagliostro amassa à Mitau une grande quantité de trésors et d’argent, ce qui lui permit de se mettre en route pour Saint-Pétersbourg et de s’y installer comme médecin. Il y communique avec les esprits, fait des miracles et multiplie les adeptes. Par contre, Catherine II semble imperméable à l’engouement du moment, écrivant : « Je me suis mise à lire toutes les bêtises et absurdités maçoniennes (sic) ».

De retour en France (Bordeaux 1783 – 84, Lyon 1784), il arrive à Paris en 1785 où il est arrêté dans la cadre de l’affaire du collier de la Reine. Disculpé en 1786, il est néanmoins expulsé de France. Ses affaires ne s’arrangent pas pour autant, car il est arrêté en 1789 à Rome par l’Inquisition et jeté, à la fin de son procès en 1791, dans la prison papale de San Leo, près d’Urbino. Il y mourra le 26 Août 1795.  

Armoiries du Duc Peter von Biron