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lundi 1 juillet 2013

Présidence lituanienne du Conseil de l’UE : c’est parti !


A compter de ce lundi 1er Juillet 2013, la Lituanie préside pour 6 mois le Conseil de l’Union Européenne (voir aussi http://gillesenlettonie.blogspot.fr/2013/06/presidence-lituanienne-du-conseil-de.html).

La presse française daigne parler de cet événement, mais avec une certaine condescendance, le moindre mal étant de traiter la Lituanie de « petit pays ». La palme revient au journaliste des « Echos » qui la traite de « pays minuscule », puis de  « lilliputienne Lituanie ». Il n’est donc pas inutile de rappeler à ce journaliste ignare, qui, par ailleurs ne trouve dans l’UE que 350 millions d’habitants alors que nous sommes plus de 500 millions, quelques vérités de base. A commencer par celle que la Lituanie a une surface (65 303 km2) deux fois supérieure à celle de la Belgique (30 528 km2), plus grande que le Danemark, la Suisse ou les Pays-Bas.

La Lituanie compte aujourd’hui (Mars 2013) 2,97 millions d’habitants, dont 99,3 % sont des citoyens lituaniens. Parmi ceux-ci 84,2 % sont de nationalité lituanienne, 6,6 % de nationalité polonaise et 5,8 % de nationalité russe. 85,4 % sont de langue maternelle lituanienne. 77,3 % sont catholiques et 4,1 % orthodoxes. On note donc, contrairement aux deux autres Etats baltes, une certaine homogénéité. 
  
Le PIB qui avait augmenté de 9,8 % en 2007 a été victime de la crise, avec une diminution de 14,8 % en 2009. Mais grâce à une politique d’austérité drastique, il a de nouveau augmenté en 2012 (+ 3,6 %) et devrait continuer à augmenter en 2013 (estimation à + 3,1 %). On rappellera que le FMI estime que la France connaîtra une récession de – 0,2 % en 2013.

L’inflation, qui était de + 4,1 % en 2011, est redescendue à + 2,8 % en 2012.

Le point noir reste le chômage. Alors qu’il n’était que de 5,8 % en 2008, il est monté à cause de la crise à 13,7 % en 2009, puis à 17,8 % en 2010. Il ne redescend que doucement (13,2 % en 2012), mais il descend, sans avoir besoin pour cela de mesures artificielles, du style emplois aidés…….

Parmi les priorités de la présidence lituanienne, on mettra en exergue quatre priorités que la volonté de la Lituanie d’être un pont entre l’est et l’ouest peut aider à résoudre :
      # La sécurité énergétique de l’UE
      # Une mise en œuvre plus efficace de la stratégie pour la région de la Mer Baltique
      # Une gestion efficace des frontières extérieures de l’UE
      # Le rapprochement des pays du Partenariat oriental (Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie, Ukraine) avec l’UE. A ce sujet, la Lituanie ne cache pas sa volonté de faire signer l’Accord d’Association entre l’UE et l’Ukraine au sommet de Vilnius, les 28 et 29 Novembre 2013, en dépit du problème Tymochenko. 

La Lituanie a préparé avec sérieux sa présidence qui, pour elle, est un événement historique, l’ancrant un peu plus dans cette Europe dont elle a toujours fait partie. La considérer avec dédain, et a fortiori incompétence, n’est pas constructif.

NB : Rappelons que la Croatie a rejoint ce jour l’Union Européenne, devenant ainsi son 28ème Etat membre. J’en reparlerai. Par ailleurs, il se confirme que la Lettonie rejoindra la zone Euro au 1er Janvier 2014.




vendredi 28 juin 2013

Faut-il avoir peur de « Zapad-2013 » ?


Du 20 au 26 septembre 2013 auront lieu au Bélarus les manœuvres « Zapad-2013 » (« Ouest »), conjointes entre la Russie et le Bélarus.  Alors que les Russes distillent les premières informations sur la manœuvre, il semblerait que celle-ci ressemble fort à la précédente, « Zapad-2009 ».

D’après le thème de « Zapad-2009 », la Pologne et la Lituanie attaquaient le Bélarus suite à de prétendues exactions contre la minorité lituanienne au Bélarus. La situation se tendait progressivement jusqu’à entraîner des frappes nucléaires russes, rien que ça !

Les présidents Lukashenka et Medvedev assistant à "Zapad-2009"

Si donc « Zapad-2013 » reprend le même thème qu’en 2009, et alors que la plus grande menace pour la sécurité de la Russie semble plutôt être des « groupes armées illégaux » (comprendre des terroristes), il semblerait donc que l’exercice de cette année prépare à une guerre conventionnelle, au moins régionale.

Faut-il y voir un rapport ? La Russie a annoncé ce mercredi 26 Juin, par la voix du Général Viktor Bondarev, commandant en chef des forces aériennes russes, qu’elle implantera à proximité de Lida, au Bélarus, près des frontières polonaise et lituanienne, une base aérienne qui devrait être opérationnelle dès 2013, devant recevoir des chasseurs modernisés Sukhoï Su-27SM3. Arturas Paulauskas, président de la Commission de Défense du Seimas lituanien, a déclaré qu’un tel déploiement ne contribuerait pas à améliorer les relations entre Moscou et Vilnius. Selon lui, le seul objectif de cette "concentration de forces" est "d'influer sur la politique intérieure de la Lituanie".

Sukhoï SU-27

Il semblerait que toutes ces gesticulations montrent que l’analyse russe de la menace ait fait de la  zone baltique sa « zone de choix ». Il s’agit sans doute d’une réponse à un possible déploiement de la défense anti-missiles OTAN, le fameux « bouclier anti missile » (Rappelons que celui-ci, dispositif défensif, sera composé d’un radar installé en Turquie, de missiles SM-3 sur des frégates « Aegis » en Méditerranées et d’intercepteurs implantés en Pologne et en Roumanie).


Dans toute action russe, il y a également un objectif intérieur à considérer. De dangereux ennemis extérieurs sont nécessaires pour justifier des restrictions intérieures de liberté. Un récent sondage du Centre Levada montrait d’ailleurs que, pour les Russes, les pires ennemis de la Russie étaient, dans l’ordre, les Etats-Unis (38 %), la Géorgie (33 %), la Lettonie (21 %), la Lituanie (17 %) et l’Estonie (16 %). On notera pour l’anecdote qu’à eux trois les Etats baltes ne disposent d’aucun char de combat !!......  

Troupes russes en Géorgie en 2008

mardi 25 juin 2013

Inscription de la cité antique de Chersonèse (Ukraine) au patrimoine mondial de l’UNESCO



Lors de sa réunion du dimanche 23 Juin à Phnom Penh (capitale du Cambodge), le comité du patrimoine mondial a inscrit, avec deux autres sites, la cité antique de Chersonèse Taurique, en Crimée (Ukraine) sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Chersonèse Taurique a été fondée sur la côte septentrionale de la Mer Noire pendant la grande colonisation grecque du Ve siècle avant Jésus-Christ. Elle a existé sans interruption pendant 2 000 ans, jusqu’au XIVe siècle.


A l’origine, c’était un petit poste commercial à proximité des installations portuaires de la Baie de la Quarantaine (Sébastopol). Ce poste s’est développé au cours du IVe siècle av. JC jusqu’à devenir une cité-Etat grecque classique (polis).  

Le site comprend six parties correspondant aux vestiges de la cité en elle-même et à son arrière-pays agricole, divisé en plusieurs centaines de chôra, des parcelles rectangulaires de taille égale. Dans ces parcelles se pratiquait la viticulture, dont la production était exportée. Ce commerce a perduré jusqu’au XVe siècle. Au IIIe siècle av. JC, l’endroit était considéré comme le centre viticole le plus productif de la zone de la Mer Noire et il est longtemps resté comme un nœud commercial entre les empires grec, romain et byzantin, ainsi qu’avec les populations du nord de la Mer Noire.  


(Description complète du site – en Anglais – sur http://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/5659/)

 L’Ukraine a désormais 7 sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, 6 sites culturels et 1 site naturel :
      # A Kyiv, la cathédrale Sainte-Sophie et l’ensemble monastique de Kievo-Petcherski (1990)
      # A Lviv, le centre historique (1998)
      # La partie ukrainienne de l’arc géodésique de Stuve
      # Les forêts primaires de hêtre des Carpates (naturel – 2007)
      # La résidence des métropolites de Bucovine (2011)
      # Les tserkvas (églises) en bois de la région des Carpates (2013)
      # La cité antique de Chersonèse (2013)





lundi 24 juin 2013

Présidence lituanienne du Conseil de l’Union Européenne


A partir de ce 1er Juillet 2013, la Lituanie assurera la présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne. Aujourd’hui est le premier d’une série d’article visant à mieux faire connaître ce qu’est cette présidence. Suivront les priorités lituaniennes de la présidence et un rappel sur ce qu’est la Lituanie aujourd’hui.

Tout d’abord, il ne faut pas confondre la Présidence (tournante) du Conseil de l’Union Européenne avec la Présidence du Conseil Européen, dont le titulaire est Herman van Rompuy, ni avec la Présidence de la Commission Européenne, dont le titulaire est José Manuel Durão Barroso.

Herman van Rompuy et Dalia Grybauskaite 
Le Conseil de l’Union Européenne est constitué des Ministres des 27 (bientôt 28) Etats membres en lien avec l’ordre du jour de chaque réunion (par exemple les Ministres des Finances, ou les Ministres de la Santé, de l’Agriculture, etc.……). Il décide des actes législatifs et budgétaires au sein de l’UE. Il élabore le projet de budget en liaison avec le Parlement Européen. C’est, de fait, l’une des principales institutions de l’UE avec la Commission et le Parlement.

Le Conseil se divise en de multiples sous-conseils ou « formations »:
  1. Affaires générales (Ministres des Affaires étrangères)
  2. Relations extérieures
  3. Affaires économiques et financières (ECOFIN)
  4. Agriculture et pêche
  5. Justice et affaires intérieures
  6. Emploi, politique sociale, santé, protection des consommateurs
  7. Compétitivité
  8. Transports, télécommunications et énergie
  9. Environnement
  10. Education, jeunesse, culture et sport
Depuis 2007, la présidence voit la coopération des gouvernements de trois États membres à la fois, bien qu'un seul tienne officiellement la présidence, amenant ainsi chaque État membre à participer à la présidence pour une période de dix-huit mois. En 2013, la Présidence tournante est constituée de l’Irlande (1er Janvier – 30 Juin), de la Lituanie (1er Juillet – 31 Décembre) et de la Grèce (1er Janvier – 30 Juin 2014).

La Présidence tournante a pour tâches principales de :
#   Présider le Conseil et ses divers comités (environ 3 400 réunions dont 200 dans le pays qui préside)
#   Représenter le Conseil dans ses relations avec les autres institutions de l’UE, notamment la Commission et le Parlement
#   Appliquer le principe de l’impartialité de façon à faciliter le consensus entre tous les Etats membres


A noter d’ores et déjà que la Présidence lituanienne connaîtra deux événements majeurs sur lesquels je reviendrai ultérieurement :
      #   Le 1er Juillet 2013, la Croatie deviendra le 28ème membre de l’Union Européenne
      #   Les 28 et 29 Novembre 2013 aura lieu à Vilnius le sommet du Partenariat Oriental qui décidera si l’UE signe ou non un Accord d’Association avec l’Ukraine.

Le Ministère des Affaires Etrangères ukrainien