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jeudi 18 octobre 2012

Su gimtadienu, ponas Prezidentas !




Bon anniversaire, Monsieur le Président ! Aujourd’hui, l’ancien Président lituanien Vytautas Landsbergis a 80 ans.

Aujourd’hui, les peuples sont zappeurs, ils aiment brûler ce qu’ils ont adoré. La Lituanie ne fait pas exception, qui a tendance à « oublier » ce qu’elle doit au Professeur Landsbergis.

Né le 18 Octobre 1932 à Kaunas, pendant donc la période d’indépendance de l’entre deux guerres, Vytautas Landsbergis est le fils d’un architecte célèbre,  Vytautas Landsbergis-Žemkalnis. Sa mère, ophtalmologiste, le Dr. Ona Jablonskytė-Landsbergienė, sera un Juste parmi les Nations pour avoir hébergé un adolescent juif en 1944.

En 1955, Vytautas Landsbergis sera diplômé du conservatoire de musique de Lituanie dont il deviendra un professeur en 1978, ayant réussi son doctorat en 1969. Simultanément, de 1978 à 1990, il est professeur à l’Université pédagogique de Vilnius.  Il défendra sa thèse de doctor habilis en 1994.


Parallèlement, il entre en politique en 1988, en tant que un des fondateurs du mouvement Sajūdis, le mouvement lituanien prônant l’indépendance. Après la victoire de Sajūdis aux élections de 1990, il devient Président du Conseil Suprême de Lituanie. Le 11 Mars 1990, il préside à ce titre la session du Parlement au cours de laquelle est proclamée la restauration de l’indépendance de la Lituanie. C’est la première République soviétique à le faire. Vytautas Landsbergis devient de jure Chef de l’Etat et ce jusqu’aux élections législatives de Novembre 1992, à la suite desquelles il sera remplacé le 25 Février 1993, avec un certain illogisme, par l’ancien chef du parti communiste lituanien, Algirdas Brazauskas.



Leader de Sajūdis, devenu Tėvynes Sąjunga, il conduire le mouvement à la victoire aux législatives de 1996, ce qui lui permettra de devenir Président du Seimas (Parlement) jusqu’en 2000. En 2004, il est élu député européen, ce qu’il est encore aujourd’hui.

Je reconnais qu’à la fin des années 80, alors que mon métier consistait (avec d’autres……) à défendre l’Europe de l’ouest contre un éventuel déboulé de chars soviétiques par la trouée de Fulda, j’ignorais dans les délais le caractère cosmopolite de l’Union soviétique. Mais il est sûr que le premier nom lituanien que j’ai entendu fut celui du Professeur Landsbergis, siégeant en Mars 1990 au Parlement, défendu contre les attaques potentielles des OMON par des dizaines de milliers de Lituaniens. Il fut l’âme de l’indépendance de la Lituanie et, par là même, de l’indépendance des ex-Républiques soviétiques qui ont suivi.

Une anecdote pour terminer. Le Président Landsbergis est le seul Président en exercice ou ancien Président avec qui j’aie pris le café ! Cette assertion n'était pas fausse. Car, comme on me l'a fait remarquer dans les commentaires, c'est le champagne que j'ai pris avec le Président Valdas Adamkus.....  

Didžiausi sveikinamai, gerb. Profesoriau !!   



  


mercredi 17 octobre 2012

Elections lituaniennes : résultats et analyses dissonants



Comme sur les médias français il se dit à peu près tout et son contraire à propos des votes de dimanche dernier en Lituanie, il paraît nécessaire de faire le point.

Les chiffres donnés sont ceux, définitifs, de la Commission Electorale Centrale lituanienne (http://www.vrk.lt/2012_seimo_rinkimai/output_lt/rinkimu_diena/index.html).

Tout d’abord, le référendum consultatif. La proposition était « Je soutiens la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en République de Lituanie ». La participation ayant été de 52,52 %, le scrutin a pu être validé. 64,79 % des bulletins valides ont répondu « NON », 35,21 % « OUI ». Même si le référendum n’était que consultatif, l’ampleur du NON imposera au prochain gouvernement d’en tenir compte.
On rappellera qu’en Octobre 2008 un référendum, qui n’avait certes pas été validé faute d’un nombre suffisant de votants, avait donné une majorité pour la poursuite des opérations de la centrale d’Ignalina 1, finalement fermée fin Décembre 2009……

En ce qui concerne l’élection des députés au Seimas (Parlement) :

Le scrutin à la proportionnelle, permettant d’élire 70 députés, a donné les résultats suivants :

    # Parti du Travail : 19,84 % des votants – 17 sièges
    # Sociaux-démocrates : 18,38 % - 15 sièges
    # Union pour la Patrie / LKDP : 15,02 % - 13 sièges
    #  Mouvement libéral : 8,57 % - 7 sièges
    #  « Drąsos kelias » : 7,98 % - 7 sièges
    # Ordre et justice : 7,31 % - 6 sièges
    # Action électorale des Polonais : 5,83 % - 5 sièges

Les autres partis n’ont pas dépassé la barre des 5 % permettant d’avoir des députés.

Au scrutin majoritaire, permettant d’élire 71 députés, seuls trois ont été élus dès le premier tour :

    # Virginija Baltraitienė (Parti du Travail)
    # Leonard Talmont – Action électorale des Polonais
    # Algirdas Butkevičius – Sociaux-démocrates

Il reste donc 68 sièges à pourvoir le 28 Octobre. L’Union pour la Patrie est en tête dans 23 circonscriptions, les Sociaux-démocrates le sont dans 18, le Parti du Travail dans 13, Ordre et Justice dans 5, le Mouvement libéral dans 4, l’Action des Polonais dans 4, l’Union des Verts et Paysans dans 2, et deux candidats indépendants sont en tête dans 2 circonscriptions.
   
La participation aux scrutins pour le Seimas a été de 52,86 %.  

de g. à dr. (sur la photo, pas dans la vraie vie....) : Uspaskich, Paksas, Butkevicius

Actuellement, il y a un accord pré-électoral entre le Parti du travail (centre populiste), les Sociaux-démocrates (gauche) et Ordre et Justice (droite populiste). Il n’est donc pas judicieux, comme le titre dans son ensemble la presse française, de dire que la gauche lituanienne a gagné les élections. Car :

    # Il y a un deuxième tour le 28 Octobre avec près de 50 % des sièges à pourvoir ;
    # Peut-on qualifier de "gauche" un alliance d'intérêts qui va de la gauche à la droite ?
    # Tout peut encore arriver en ce qui concerne le parti qui arrivera en tête quant au nombre de sièges ;
    # Comme d’habitude, tout se jouera dans les tractations post électorales pour former une coalition de gouvernement. 

Il est donc urgent d’attendre le 28 Octobre soir pour que les médias formulent des jugements définitifs et pour que M. Uspaskich fête son hypothétique victoire.




lundi 15 octobre 2012

Journée de vote en Lituanie



Hier dimanche 14 Octobre, les Lituaniens étaient invités à se rendre aux urnes pour deux raisons :
Répondre à un référendum consultatif dont la question était « Approuvez-vous la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie ? ». La participation à ce référendum a été de 51,91 %, ce qui signifie qu’il a été validé.  

Le résultat est sans appel : 64,87 % des bulletins valides ont répondu NON, donc 35,13 % ont répondu oui. Le référendum n’était certes pas contraignant, mais ce résultat est important, compte tenu de ce qui suit, les partis qui constitueraient potentiellement la future coalition ayant appelé à voter non.

Les Lituaniens votaient également pour le 1er tour de l’élection de leur nouveau Parlement, le Seimas. On rappelera que, sur les 141 sièges à pourvoir, 71 le sont par un scrutin majoritaire de circonscription, dans 71 circonscriptions, comme on le connaît en France. Les 70 autres sont pourvus au scrutin proportionnel, pour autant que le parti obtienne au moins 5 % des voix des votants (7 % pour une coalition de partis).

La participation à ce scrutin a été de 52,36 %, dont 4,33 % avaient voté par anticipation.

En ce qui concerne le scrutin proportionnel, devraient obtenir des sièges (sous réserve de validation) les partis suivants (avec le pourcentage des voix obtenues) :
    # Darbo partija (Parti du travail – Uspaskich) – 21,34 %
    # Lietuvos socialdemokratų (sociaux démocrates – gauche) – 19,08 %
    # Tevynės sajunga (conservateurs du Premier Ministre sortant) – 13,83 %
    # Tvarkas ir teisingumas (Paksas) – 7,88 %
    # Drašos kelias (anti-pédophiles !) – 7,62 %
    # Liberalų sąjūdis (Libéraux) – 7,48 %
    # Lenkų rinkimų akcija (Action polonaise) – 5,58 %
Les autres partis n’ont pas passé la barre des 5 %, nécessaire pour avoir des élus.

Pour ce qui est du scrutin majoritaire, seuls 3 députés ont été élus au premier tour : un de l’action polonaise à Šalčininkai, une du parti du travail et un des sociaux-démocrates, le président Algirdis Butkevičius.

Il est donc prématuré de dire, comme le titrent la plupart des médias français, que la gauche a gagné les élections législatives. D’abord, parce qu’il y a un deuxième tour qui va concerner 68 sièges. Mais aussi parce que les partis qui pourraient potentiellement constituer une coalition de gouvernement sont loin d’être tous de gauche. En effet, si, au Parlement européen par exemple, les sociaux démocrates siègent naturellement avec les socialistes, le parti du travail d’Uspaskich siège dans le même groupe que le Modem et Tvarkas ir teisingumas de Paksas est dans le même group que de Villiers !   

Enfin, en tout état de cause, tout dépendra des accords de coalition après le deuxième tour. Donc, à suivre !......

Viktor Uspaskich, leader du Parti du Travail


samedi 13 octobre 2012

La confiance des Lituaniens dans leurs institutions

Incendie à Smiltyne


Sur une initiative de l’agence d’information ELTA, l’institut de sondage « Baltijos tyrimai » a demandé fin Septembre aux Lituaniens en laquelle de leurs institutions ils avaient le plus confiance. Les résultats sont conformes à ceux qu’avait obtenus un sondage semblable en 2009 (http://gillesenlituanie.hautetfort.com/tag/pompiers)

Les pompiers reçoivent un taux de confiance de 85 %.

Incendie au Centre Commercial Akropolis

Ils sont suivis d’assez loin, pour les premiers de la liste, par la Présidence de la République (69 %), l’Eglise 66 %), la Police (61 %), la Défense (58 %) et les médias lituaniens (55 %).

Si, en France, il semble que les Pompiers soient aussi les favoris du public, la suite de la liste pourrait être différente. 

En ce qui concerne l’institution en qui les Lituaniens ont le moins confiance, le « vainqueur » est le Parlement (Seimas) avec 82 % d’opinions défavorables. Et pourtant, ce sont bien eux qui l’ont élu et qui s’apprêtent à le réélire ce dimanche……

Le Seimas