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dimanche 16 août 2015

La famille de Choiseul-Gouffier et la Lituanie


La famille de Choiseul est une famille noble française dont on a notamment entendu parler (du moins, à l’époque où l’Histoire était encore aux programmes scolaires) à travers du duc Etienne-François, Premier Ministre de Louis XV de 1758 à 1770. Mais la famille de Choiseul comportait plusieurs branches dont une des moins connues en France est sans doute celle des Choiseul-Gouffier. En France car en Lituanie, et notamment en Žemaitija, ce n’est pas le cas !

Marie-Gabriel-Florent-Auguste, comte de Choiseul-Gouffier

Au début était Marie-Gabriel-Florent-Auguste, comte de Choiseul-Gouffier (1752 – 1817), qui, très jeune, se passionne pour les antiquités et qui, à l’âge de 24 ans, participe à un voyage de la frégate « Atalante » ayant notamment pour but d’établir une carte de la Méditerranée. A son retour, il publie le premier volume de son « Voyage pittoresque de la Grèce » qui remporte un grand succès. Cela lui vaut d’être élu en 1783 (à l’âge de 32 ans !) à l’Académie Française et d’être nommé en 1784 ambassadeur « du Roi très Chrétien près la Sublime Porte » (Empire Ottoman). Pendant ce séjour, il en profite pour parfaire sa connaissance de la Grèce.

Lorsque survient la Révolution française, il refuse son rappel en France de crainte d’être guillotiné. Il ne se résout à partir qu’en décembre 1792, s’exilant à Saint-Pétersbourg où l’impératrice Catherine II l’avait invité. Il y devient un parfait courtisan, mais ce ne sera qu’en juin 1797 qu’il sera nommé Président de l’Académie des Beaux-arts, puis Directeur des bibliothèques impériales par le nouveau Tsar Paul 1er. Avec ces postes prestigieux, il reçoit des terres en Lituanie, à Plateliai en Žemaitija, terre comprenant également « 1966 serfs mâles avec leurs femmes et leurs enfants ».  

Le Tsar Paul 1er 

Mais, subissant l’humeur fantasque de Paul 1er, devenu entre temps un admirateur de Napoléon Bonaparte, Marie-Gabriel comte de Choiseul-Gouffier est démis de ses fonctions à Saint-Pétersbourg et est exilé sur ses terres lituaniennes. Après l’assassinat de Paul 1er (12 mars 1801), le comte peut revenir à Saint-Pétersbourg. Mais ce sera pour peu de temps car, en octobre 1801, il est rayé des Français émigrés,   ses biens lui sont restitués et il rentre en France en mars 1802.

Mais l’histoire des Choiseul-Gouffier en Lituanie ne s’arrête pas là.

De son premier mariage, Marie-Gabriel comte de Choiseul-Gouffier avait eu cinq enfants mais un seul garçon, Antoine-Louis-Octave (1773 – 1840). C’est lui qui se fixe en Lituanie et qui épouse, en 1801, la comtesse Viktoria Potocka. Mais celle-ci lui préférant finalement un général russe, Antoine-Louis-Octave se remarie en 1818 avec Sophie Victoire Tyzenhausen (Sofija Tyzenhauzaitė 1790 – 1878). Celle qui est devenue Sofija Šuazel-Gufjė et qui obtiendra la nationalité française, est considérée comme la première femme écrivain de Lituanie. Elle se fera remarquer par ses romans basés sur l’histoire lituanienne et polonaise. En 1862, elle écrit également « Réminiscences sur l’empereur Alexandre 1er et sur l’empereur Napoléon 1er » où elle se rappelle que, jeune fille de 22 ans, elle avait dansé avec le Tsar à Vilnius, le soir où celui-ci avait appris que la Grande Armée avait commencé à franchir le Niémen à Kaunas (24 juin 1812).

Sophie de Choiseul-Gouffier

Antoine-Louis-Octave aura quatre garçons et deux filles, et on retrouvera sa descendance en Russie, en Lituanie, en Allemagne et en Roumanie. La famille deviendra très riche et d’autres propriétés viendront s’ajouter en Lituanie au domaine initial de Plateliai. Mais les Choiseul-Gouffier seront dépossédés de leurs domaines en 1940, lors de la première occupation soviétique. La lignée s’éteindra par les hommes en 1949 et par les femmes en 1996. Le manoir de Plateliai brûlera, a priori accidentellement, en 1943 et il existe toujours un projet de reconstruction ……quand les fonds le permettront.    

Restes des communs du manoir de Plateliai



NB : Je ferai un conférence plus détaillée sur les relations entre la famille de Choiseul-Gouffier et la Lituanie, à l’occasion des journées de la Francophonie, donc a priori en mars 2016, à Kaunas …… et peut-être ailleurs.   

vendredi 14 août 2015

Bientôt : Eurobasket 2015


Le Championnat d’Europe de basket-ball commencera dans 3 semaines puisqu’il aura lieu du 5 au 20 septembre 2015. Primitivement prévu d’être organisé en Ukraine, il a été repris par la France (Lille/Villeneuve d’Ascq), avec délocalisation des matchs du tour préliminaire à Montpellier (France), Berlin (Allemagne), Zagreb (Croatie) et Rīga (Lettonie).

Le championnat rassemble 24 équipes en 4 poules de 6 pour les matchs de qualification. On s’intéressera particulièrement au groupe A (qui joue à Montpellier) où se trouve la France et au groupe D (qui joue à Rīga) où on retrouve la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie et l’Ukraine.

La Lettonie a déjà battu la Slovénie et la Pologne en matchs de préparation. Elle affronte ce soir l’Italie, ce qui risque d’être une autre paire de manches ……


La Lituanie, quant à elle, a déjà battu l’Australie (deux fois), la Finlande et l’Autriche. Du 17 au 19 août, elle participe à un tournoi à Kaunas où elle affrontera la Turquie, la Macédoine et la Croatie.



On se rappellera qu’en 2013, la France avait battu la Lituanie en finale par 80 à 66. L’Espagne avait terminé 3e, la Croatie 4e et la Lettonie 11e sur 24. Et que la Lituanie a déjà remporté le Championnat d’Europe en 1937, 1939 et 2003, et qu’elle a terminé 2ème en 1995 et en 2013.

Les matchs de qualification à Rīga concernant la Lituanie :
      # 5 septembre : Lituanie – Ukraine
      # 6 septembre : Lituanie – Lettonie
      # 7 septembre : Lituanie – Belgique
      # 9 septembre : Lituanie – Estonie
      # 10 septembre : Lituanie – République Tchèque    

L'entraineur lituanien, Jonas Kazlauskas

En Lituanie, le basket-ball est plus que le sport national, c’est la deuxième religion. Gageons que là-bas toutes les conversations roulent déjà là-dessus. Et qu'il serait inconvenant de programmer une quelconque autre activité les jours de match. A noter au passage l’attraction que constitue un « petit » jeune de 19 ans et 2m05, Domantas Sabonis, le fils de l’icône Arvydas Sabonis. Il va de soi que je supporterai l’équipe lituanienne, le seul dilemme ne pouvant être que pour le match Lituanie – Lettonie.

Deux Sabonis pour le prix d'un .......




jeudi 13 août 2015

La Lituanie pour les nuls



Dans le même esprit que « La Lettonie pour les nuls », voici quelques rappels de base sur la Lituanie. La plupart des données chiffrées proviennent de Statistics Lithuania.

Géographie



La Lituanie est le plus au sud des trois Etats baltes. Sa superficie est de 65 286 km2, soit légèrement plus que la Lettonie. C’est toujours deux fois plus vaste que la Belgique.
Le point culminant est dénommé Aukštojas (qui doit avoir la même racine que aukštas qui signifie élevé. C’est judicieux car le « mont » Aukštojas culmine à …… 294 mètres.

Histoire

Mindaugas, seul Roi de Lituanie, fondateur de l'Etat lituanien

Contrairement à la Lettonie et à l’Estonie, la Lituanie a constitué un Etat souverain dès le XIIIe siècle, le Grand-duché de Lituanie. Son unité s’est faite contre les Chevaliers teutoniques et il n’a d’ailleurs abandonné le paganisme qu’à la fin du XIVe siècle. Uni en 1569 au Royaume de Pologne au sein de la République des Deux Nations, il subira les mêmes trois partages de 1772, 1793 et 1795.

Il lui faudra attendre le 16 février 1918 pour retrouver son indépendance, avant de subir, comme les autres Etats baltes, les occupations soviétique (1940), allemande (1941) et de nouveau soviétique (1944). Déclaration de restauration d’indépendance le 11 mars 1990.

Membre de l’OTAN et de l’UE depuis 2004.

Démographie

2 900 787 habitants (estimation début août 2015)

Au retour à l’indépendance en 1990, tous les résidents de Lituanie ont reçu la citoyenneté lituanienne. La minorité la plus importante est constituée des citoyens lituaniens de nationalité polonaise (environ 6,7 % de la population)  

Espérance de vie : Hommes 69,1 ans – Femmes 79,8 ans
Religion majoritaire : catholicisme (pratiquants à 80 %)

Politique

Président de la République : Mme Dalia Grybauskaitė, en fonction depuis le 12 juillet 2009, réélue le 25 mai 2014.


Premier Ministre : M. Algirdas Butkevičius (Parti social-démocrate lituanien)


Président du Parlement : Mme Loreta Graužinienė (Parti du travail)


Parlement monocaméral, le Seimas, de 141 députés, élus au suffrage universel (71 au scrutin majoritaire de circonscription, 70 au scrutin proportionnel. Le Président est élu au suffrage universel pour 5 ans renouvelable une fois.

Economie


Monnaie : Euro depuis le 1er janvier 2015
Salaire moyen (janvier 2015) 699 €
Inflation (juillet 2015) – 0,5 %
Chômage (mai 2015) 8,2 %
Variation du PIB (2014) + 2,6 %

Pour l’anecdote, il y a eu en 2014 en Lituanie 78 grèves qui ont impliqué 1 591 personnes et dont la durée moyenne a été d’un jour 08 !



mercredi 12 août 2015

La Lettonie pour les nuls


Quand je vois dans les médias que certains en sont encore à confondre Lettonie et Lituanie, je me dis que revenir parfois aux basiques ne serait pas du luxe. Voici donc quelques rappels, certes succincts et obligatoirement subjectifs, sur la Lettonie, mais rappels qui permettront au moins de ne pas être ridicule en société …… 

(La plupart des données chiffrées proviennent du Bureau Central des Statistiques letton / Centrālā Statistikas Pārvalde)

Géographie



La Lettonie est celui des Etats baltes qui est au milieu, entre l’Estonie au nord et la Lituanie au sud. Ce n’est pas compliqué : les trois Etats sont classés par ordre alphabétique du nord vers le sud.

La superficie du pays est de 64 573 km2, soit un petit peu moins que la Lituanie, mais largement plus que l’Estonie. Pour fixer les idées, ça fait deux fois plus que la Belgique.

Le point culminant est le Gaizinkalns (312 m). La Lettonie a 498 km de façade maritime sur la Mer Baltique.

Histoire

C’est au début du XIIIe siècle que les Chevaliers porte-glaive conquièrent et christianisent la région. Riga est fondée en 1201 par l'évêque Albert von Buxhoeveden.

L'évêque Albert, fondateur de Riga
Entre 1418 et 1562, le pays formera la Confédération livonien puis sera successivement occupé par la Lituanie, la Pologne, la Suède et enfin l’Empire russe (1710).

Indépendance le 18 novembre 1918. Nouvelles occupations soviétique (1940), allemande (1941) et soviétique (1944). Déclaration de restauration de l’indépendance le 4 mai 1990.

Membre de l’UE et de l’OTAN depuis 2004.

Démographie

1 978 700 habitants (estimation début juillet 2015)

Environ 13% des résidents sont des non-citoyens (nepilsoņi), descendants d’ex-citoyens soviétiques, qui n’ont pas les mêmes droits que les citoyens lettons mais sont sous la protection de l’Etat letton. Ce ne sont donc pas des apatrides (bezvalstnieks)

Espérance de vie : Hommes 69,5 ans – Femmes 79 ans
Religion majoritaire : protestantisme luthérien

Politique

Président de la République : M. Raimonds Vējonis (Union des Verts et des Paysans) depuis le 8 juillet 2015

M. Raimonds Vējonis

Premier Ministre : Mme Laimdota Straujuma (Unité)

Mme Laimdota Straujuma

Président du Parlement : Mme Ināra Mūrniece (Alliance Nationale)

Mme Ināra Mūrniece

Parlement monocaméral, la Saeima, de 100 députés, élus au suffrage universel à la proportionnelle. C’est le Parlement qui élit le Président pour 4 ans, renouvelables.

Economie

Monnaie : Euro depuis le 1er janvier 2014


Salaire moyen (mars 2015) : 812 €
Inflation (2014) : 0,6 %
Chômage (1er trimestre 2015) : 10,2 %

Variation du PIB (2ème trimestre 2015) : + 2,7 %