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mardi 4 septembre 2012

4 - 10 Septembre 1993 : voyage du Pape Jean-Paul II dans les Etats Baltes

Arrivée à l'aéroport de Vilnius


Ceux qui me suivent depuis un certain temps savent que, pour moi, nous devons la chute de l’URSS a deux hommes : le Président Ronald Reagan et le Pape Jean-Paul II. Ce dernier, pour qui les idéologies et le totalitarisme vont à l’encontre de la dignité de l’homme, favorisa en Pologne, dont il était originaire, une résistance intransigeante contre le communisme, soutenant le syndicat Solidarność et Lech Wałęsa, mais plus généralement les dissidents du bloc soviétique.

Porte de l'Aurore

Il n’est donc pas étonnant que, dès Septembre 1993, quelques jours après le retrait des derniers soldats russes du territoire lituanien, ce Pape venu de l’est ait effectué une visite apostolique dans les Etats baltes. 

Ce voyage, première visite du Pape dans une région issue de l’URSS, prit l’allure d’un pèlerinage en pays martyr car, entre 1945 et 1955, quatre évêques, 185 prêtres et 275 000 laïcs catholiques avaient été arrêtés, emprisonnés ou déportés en Sibérie. Par exemple, aucun évêque lituanien n’avait pu participer au Concile Vatican II, il n’y avait plus aucun séminariste, les biens de l’église avaient été confisqués, la cathédrale de Vilnius avait été transformée en galerie de peinture, et l’église Saint-Casimir en musée de l’athéisme !
Dans l'église du Saint Esprit, devant le tableau de "Jésus le miséricordieux"

En se posant à Vilnius le 4 Septembre 1993, en Lituanie pays natal de sa mère qu’il avait perdue à l’âge de neuf, Jean-Paul II était conscient du réconfort moral qu’il apportait à cette nation qui était restée catholique à 80 % en dépit des persécutions. Au cimetière d’Antakalnis, il évoqua également les martyrs de l’indépendance, appelant la population au pardon et à la réconciliation.

Croix offerte par Jean-Paul II à la Colline des Croix 

Les souvenirs de la visite de Jean-Paul II sont nombreux, voire omniprésents, en Lituanie. A Vilnius : Porte de l’Aurore, dans la cathédrale, dans l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, à Kaunas, à la colline des Croix, à Šiluva (le Lourdes de la Lituanie, où la Vierge serait apparue en 1608), j’en oublie peut-être. On notera également que l’œcuménisme a été présent tout au long de ce voyage, avec des rencontres de prières avec les autres communautés chrétiennes à la cathédrale luthérienne de Riga et à l’église luthérienne Saint-Nicolas à Tallinn, mais aussi avec la communauté juive de Vilnius.   

Près de la Porte de l'Aurore

dimanche 1 mai 2011

L’image du week-end : béatification de Jean-Paul II


Le « royal wedding » était certes sympathique, mais je dois dire que le fait qu’il ait mobilisé 1 million de spectateurs et 2 milliards de téléspectateur me laisse quelque peu effaré !

N’en déplaise à certains, la béatification de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, stade préliminaire à une éventuelle canonisation, me parait un événement plus important.

C’est pour moi l’occasion de rappeler deux faits :

# Le Pape Jean-Paul II critiqua le communisme dès le début de son pontificat. Son soutien aux dissidents du bloc soviétique, en particulier au syndicat Solidarność de sa Pologne natale, et même le simple fait qu’il soit le premier Pape venu de derrière le rideau de fer, ont joué un rôle important dans l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’est. Avec Ronald Reagan, je le considère comme l’acteur principal de la chute du communisme.

# Dès 1993, Jean-Paul II est venu dans les Etats Baltes, y effectuant un voyage apostolique du 4 au 10 Septembre. En Lituanie, le souvenir de ce passage est omniprésent, non seulement à Vilnius (notamment à la porte de l’Aurore ci-dessus), à Kaunas et à Šiluva, mais aussi à la Colline des Croix où il a fait don d’un grand crucifix (ci-dessous). A cette dernière occasion, le Pape avait déclaré : « Les Croix de la Colline de Šiauliai demeurent pour témoigner de la terrible épreuve subie à cause d'un régime dictatorial et elles constituent, dans le même temps, un signe de la grandeur d'âme d'un peuple qui a su tirer de ses traditions spirituelles et culturelles la force indispensable pour continuer à espérer dans un avenir meilleur. Lors des moments les plus durs de l'histoire de la Lituanie, les Croix de Šiauliai ont représenté une intarissable source de force, un bastion intérieur de foi dans le Christ et de fidélité à l'Eglise ».

La béatification a lieu ce 1er Mai qui est le Dimanche de la divine Miséricorde, qui a été institué par Jean-Paul II le 30 Avril 2000, jour de la canonisation de Sainte Marie Faustine Kowalska. L'icône de la Miséricorde Divine (ci-dessous), est une icône dont Jésus-Christ aurait demandé la réalisation lorsqu'il serait apparu à Sainte Faustine. Le premier tableau fut peint en 1934 par Eugène Kazimirowsky, un peintre de Vilnius, selon les indications de sœur Faustine et peut toujours être honoré dans l’église de la Trinité à Vilnius.

Un commentaire m’a une fois reproché de ne pas tenir compte de certains de mes lecteurs en parlant de religion ! En ce jour particulier, qu’on ne compte pas sur moi pour occulter mes convictions. « N’ayez pas peur ! » disait le bienheureux Jean-Paul II.