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vendredi 18 juin 2010

Romain Gary, Compagnon de la libération



En ce 18 Juin, où est célébré le 70ème anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle du 18 Juin 1940, je voudrais évoquer le destin extraordinaire de Romain Gary, romancier multi-visages, mais aussi véritable héros de la seconde guerre mondiale.

Né Roman Kacew le 8 Mai 1914 dans la communauté juive de Vilnius, alors sous domination russe, il est déporté avec sa mère en tant que Juif des Pays baltes, soupçonnés d’espionnage au profit des Allemands ! Revenus en 1921 à Vilnius (occupée entre temps par les Polonais) en 1921, puis à Varsovie en 1927, la mère et le fils émigrent finalement en France, à Nice, en 1929. Cette jeunesse est décrite dans son roman autobiographique « La promesse de l’aube », qui lui apportera une renommée internationale.

Naturalisé Français en 1935, Roman Kacew est appelé au service militaire en 1938 pour servir dans l’aviation, et il devient élève observateur à l’Ecole de l’Air d’Avord. En Juin 1940, il est à Bordeaux Mérignac et décide de rallier les Forces Françaises libres, s’évadant de France par avion. Après un périple passant par Alger, Meknès, Casablanca, Gibraltar et Glasgow, il est affecté au Moyen-Orient (il combat notamment lors de la bataille de Koufra – Février 1941) puis, en Février 1943, au Groupe de Bombardement Lorraine sur le front de l’ouest. C’est à cette époque qu’il prend le nom de guerre de Gary, qui signifie « brûle ! » en Russe.

Le Lieutenant Gary se distingue particulièrement le 25 Janvier 1944 quand, leader d’une formation de six bombardiers, blessé par un éclat d’obus, il guide sa formation avec suffisamment de maitrise pour réussir un bombardement très précis d’un site de V1 et ramener l’escadrille à sa base. Il effectuera 25 missions offensives totalisant plus de 65 heures de vol de guerre.

Démobilisé en 1945, il entrera alors dans la carrière diplomatique (il sera notamment Consul Général de France à Los Angeles) et publiera son premier roman. La suite de sa carrière littéraire est plus connue, notamment le fait qu’il ait reçu deux fois le Prix Goncourt sous deux noms différents.

Romain Gary était Commandeur de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 39/45 avec deux citations, et Compagnon de la Libération.