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mardi 6 juillet 2010

6 Juillet, jour de l'Etat lituanien



Le 6 Juillet est, en Lituanie, un jour férié dénommé « Jour de l’Etat lituanien ». Il fait référence au couronnement du Roi Mindaugas en 1253.


Au début du XIIIe siècle, le territoire de la Lituanie était constitué de fiefs dirigés par des Ducs. Un traité de 1219, signé avec la Galicie-Volhynie, est le premier signe que ces fiefs cherchaient à s’unir. Il est signé par 20 Ducs de Lituanie et Samogitie, parmi lesquels 5, dont Mindaugas, sont qualifiés de « Ducs majeurs ».

17 ans plus tard, en 1236, les Chroniques Livoniennes (Chronicum Livoniae) considèrent Mindaugas comme l’unique dirigeant de la Lituanie, grâce à un processus non connu mais vraisemblablement violent. Au cours des années 1230 – 1240, Mindaugas renforcera son pouvoir, en écrasant notamment les Chevaliers Porte-glaive à la bataille de Saulė (21 Septembre 1236) et en étendant son territoire vers le sud-est.


Faisant face à une révolte interne, il « acheta » les Chevaliers Porte-glaives, devenus entre-temps Chevaliers livoniens, notamment en acceptant le baptême (en 1250 ou 1251). Suite à ce baptême, Mindaugas et son épouse Morta, furent couronnés Roi et Reine de Lituanie à l’été 1253, à une date et dans un lieu non précisément connus, lors d’une cérémonie présidée par l’évêque de Kulm, Henry Heidenreich. Au cours des années qui s’en suivirent s’installèrent une paix et une stabilité relative.


La mort de Mindaugas est vraisemblablement liée à une histoire de femme. Son épouse Morta étant décédée, Mindaugas prit pour nouvelle épouse la sœur de celle-ci qui, point de détail, était déjà l’épouse de Daumantas, le Duc de Pskov. Celui-ci, allié avec Treniota, Duc de Samogitie et neveu de Mindaugas, assassina Mindaugas et ses deux fils en 1263, sans doute par vengeance mais aussi par ambition. La Lituanie sombra alors dans l’anarchie jusqu’à l’avènement de Traidenis, désigné comme Grand-duc vers 1270.

Mindaugas fut le seul Roi couronné de l’histoire de la Lituanie. Il y eut deux autres Rois, Vytautas, mais dont la couronne fut interceptée par les magnats polonais en 1430, peu de temps avant sa mort, et l’éphémère Mindaugas II, Wilhelm Duc d’Urach, de Juillet à Novembre 1918, qui ne vint d’ailleurs jamais en Lituanie.



lundi 5 juillet 2010

Bronislaw Komorowski, nouveau Président polonais d'origine lituanienne



A l’heure où j’écris ces lignes (4H du matin heure française), les chiffres du résultat de l’élection présidentielle en Pologne ne sont pas encore définitifs. Le site francophone « Gazeta Beskid » assure qu’à 2H15, après le dépouillement de 95 % des bulletins, le candidat libéral (Plateforme Civique – PO) Bronisław Komorowski arrive en tête avec 52,6 % des suffrages et battrait donc son rival Jarosław Kaczyński (droit et Justice – PiS), frère du défunt Président Lech Kaczyński.

Vos médias habituels commenteront certainement dans la journée ces résultats. Je voudrais m’attacher aux origines peu connues du futur nouveau Président polonais, telles que décrites sur la version en anglais de son site http://www.bronislawkomorowski.pl/english/.

Bronisław Komorowski fait remonter sa famille au Moyen-âge et un de ses ancêtres serait mort en 1399 en combat singulier contre le Grand-duc lituanien Vytautas. Un descendant reçoit le titre de Comte des mains du Roi de Hongrie (où elle résidait alors) en 1469. La famille s’installe en Lituanie, dans la région de Kaunas, au début du XVIIe siècle et le titre de Comte est confirmé par le Roi de Pologne en 1780. Le centre de gravité de la famille est dans un manoir nommé Kowaliszki, près de Kaunas, mais tous les noms des domaines de la famille, ainsi que le cimetière (Radkuny) où reposent des générations de Komorowski, étant en polonais, il est difficile de les situer exactement.

Son père, le Comte Zygmunt Komorowski entra apparemment en résistance dès 1940, sera capturé à la fin de la guerre par les soviétiques en voulant rejoindre la Pologne, avant d’être amnistié en 1947.
Ces origines lituaniennes pendant 4 siècles auront-elles une influence sur la politique du nouveau Président vis-à-vis de la Lituanie ? C’est en effet un euphémisme de dire que les relations entre les deux Etats sont perfectibles. Il est sans doute trop tôt pour le dire, d’autant que le quiproquo date de l’Union de Kreva (14 Aout 1385) et de la traduction (différente en Pologne et en Lituanie) que l’on donne à un petit mot du Traité : applicare. Espérons qu’il ne faudra pas attendre 625 ans de plus pour le savoir ……

dimanche 4 juillet 2010

Des Baltes sur le Tour de France



Si l’on range sous le vocable de Baltes les ressortissants d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, ils ne sont que deux coureurs à représenter la région sur le Tour de France 2010 :

# L’Estonien Rein Taarämae, 23 ans, qui court pour l’équipe française Cofidis, dont il est le leader et seul étranger ; voir un article plus détaillé sur le Blog « Français en Estonie » : http://estonie-tallinn.blogspot.com/2010/07/rein-taaramae-1er-tour-de-france-pour.html

# Le Lituanien Ignatas Konovalovas (photo), 24 ans, de Panevėžys, qui court pour l’équipe suisse Cervélo. Champion de Lituanie du contre-la-montre 2006, 2008, 2009 et 2010, il remporta en 2009 une étape du Giro d’Italie (un contre-la-montre !) et finit 8e du Championnat du Monde de la même discipline la même année.
Lors du prologue du Tour de France 2010, disputé hier dans les rues de Rotterdam, Konolovas a terminé 33e à 44 s. du vainqueur et Taarämae 34e à 45 s. C’est méritoire quand on sait que les conditions de course ont été différentes en fonction de l’heure de passage, la pluie s’étant mêlée à l’explication. On notera que le premier Français termine 38e.
On peut souhaiter à ces deux jeunes de suivre la voie de leurs ainés, par exemple Arturas Kasputis, Lituanien Champion olympique en 1988 qui a fait les beaux jours de l’équipe soviétique, Jaan Kirsipuu, Estonien vainqueur de plusieurs étapes sur le Tour de France entre 1999 et 2004, ou encore Romāns Vainšteins, Letton champion du monde sur route en 2000 à Plouay. Sans parler de Raimondas Rumšas, Lituanien 3e du Tour de France 2002 avant d’être déclassé pour dopage (comme s’il avait été le seul !).

La Lituanie se distingue particulièrement en cyclisme féminin. Au palmarès des championnes du monde sur route on trouve en 1998 Diana Žiliūtė, en 1999 Edita Pučinskaitė et en 2001 Rasa Polikevičiutė devant Edita Pučinskaitė (et Jeannie Longo). En outre, sur piste, les féminines lituaniennes ont ramené des championnats du monde 2010 1 médaille d’or, 1 d’argent et 3 de bronze, grâce notamment à Simona Krupeckaitė.

Il n’y a donc pas que le foot, le basket ou le hockey dans la vie balte ……

vendredi 2 juillet 2010

Qui était Algirdas Brazauskas ?






Les entrefilets laconiques, parus dans la presse française à l’occasion de son décès le 26 Juin 2010, ne permettent pas de connaitre la vie atypique de celui qui fut le dernier Premier Secrétaire du Parti Communiste de Lituanie, avant d’en être le premier Président de la République élu.

Né le 22 Septembre 1932 à Rokiškis, en Lituanie indépendante, Algirdas Mykolas Brazauskas fait des études de génie civil, option hydrotechnique, à Kaunas. A partir de 1965, il est secrétaire d’Etat aux matériaux de construction de la République socialiste soviétique de Lituanie, première étape d’une carrière d’apparatchik qui le conduira, en 1988, au poste de Premier Secrétaire du Parti communiste de Lituanie. Mais, en Décembre 1989, le Parti communiste lituanien rompt ses liens avec le PC d’Union soviétique, ce qui aura un rôle crucial dans le retour de la Lituanie vers l’indépendance.

Alors que le mouvement vers un retour à l’indépendance avait été conduit par le centre droit, les élections parlementaires du 25 Octobre 1992 porte le Parti Lituanien démocrate du travail (nouveau nom du Parti communiste) au pouvoir et Algirdas Brazauskas devient Président du Parlement, puis Président de la République par intérim (25 Novembre 1992) avant d’être élu Président de la République « à plein temps » le 14 Février 1993, avec 60,2 % des voix. Il faut dire que, initialement partisan d’une plus grande autonomie de la Lituanie dans l’Union soviétique, il s’était rapidement rallié au mouvement indépendantiste, et que le mouvement Sajūdis, qui avait conduit la lutte pour l’indépendance, n’avait pas réussi à régler les problèmes économiques.

En 1998, il décide de ne pas se représenter aux élections présidentielles et Valdas Adamkus lui succède. Mais il sera encore Premier Ministre du 3 Juillet 2001 au 31 Mai 2006, son gouvernement étant obligé de démissionner sur des problèmes d’éthique. Il restera Président du Parti Social Démocrate jusqu’au 19 Mai 2007 et continuera à avoir une grande influence sur la vie politique lituanienne jusqu’à sa fin. Il était encore très populaire.

On notera que le fait que l’épiscopat lituanien ait refusé la présence du cercueil du défunt Président à une messe du souvenir a créé une polémique inutile. En effet, suivi le droit canon, tout divorcé remarié (ce qui était le cas d’Algirdas Brazauskas) n’a pas le droit aux sacrements religieux « puisqu’il est impossible de rompre les liens sacrés du mariage pour célébrer un second mariage ». Que l’on ait été Premier Secrétaire du Parti Communiste ou Président de la République.