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samedi 31 août 2013

Absent, mais ……



Je vais être absent du 1er au 8 Septembre inclus. Direction l’ouest : la Bretagne.


Pendant cette période, il est vraisemblable que la Syrie va focaliser toutes les attentions.
Il n’est toutefois pas interdit de jeter un coup d’œil sur ce qui se passe à l’est et qui n’est pas dénué d’intérêt.

Suivons par exemple ce qui se passe en Ukraine, où la « guerre du chocolat » dure toujours. La Russie interdit l’importation de produits Roshen, le plus grand confiseur ukrainien, officiellement pour des raisons sanitaires. En guise d’avertissement, histoire de montrer que ses capacités de nuisance pourraient être beaucoup plus grandes, la Russie a, en outre, récemment bloqué de facto les importations ukrainiennes pendant quelques jours.


Nul doute que ces gesticulations sont en rapport avec la volonté, désormais bien affichée, du gouvernement ukrainien de signer en Novembre l’Accord d’Association avec l’Union Européenne plutôt que l’Union Douanière avec la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan.

Suivons également ce qui se passe au Bélarus, nouveau venu dans la liste des pays en bisbille avec la Russie, où c’est la « guerre de la potasse ». Cette tension fait suite à l’arrestation cette semaine à Minsk de l’entrepreneur russe Vladislav Baumgartner, patron d’Uralkali, premier producteur mondial de potasse, alors qu’il sortait d’un rendez-vous avec le Premier Ministre bélarusse, Mikhaïl Miasnikovitch. En Juillet, Uralkali avait décidé unilatéralement de rompre ses accords commerciaux avec le Bélarus, ceci explique cela.  

Vladislav Baumgartner


C’est bien sûr un hasard si, dans la foulée, Rosselkhoznadzor, l’agence vétérinaire russe, a interdit ce vendredi les importations de cochons et de viande porcine depuis le Bélarus. Et c’est une fâcheuse coïncidence si Moscou a ordonné aux compagnies pétrolières russes de réduire d’un quart leurs expéditions en direction du Bélarus, pays par lequel transitent d’ailleurs le pétrole et le gaz naturel à destination de l’Allemagne et de la Pologne……Raison invoquée : des réparations à effectuer sur le pipeline Druzhba (ça ne vous rappelle pas des réparations sur le même pipeline lorsque la raffinerie lituanienne de Mažeikių Nafta avait été vendue aux Polonais plutôt qu’aux Russes ?......)

Ayons enfin un œil en direction de la Slovénie, qui va devenir le centre du monde pour les Lituaniens, Championnat d’Europe de basket oblige !


En attendant mon retour, n’hésitez pas à aller consulter des articles qui auraient pu vous échapper pendant l’été. Ce ne sont pas des copier-coller et vous ne les trouverez nulle part ailleurs que sur mon blog http://gillesenlettonie.blogspot.fr/ (sauf ponctuellement sur d’autres sites, avec plus ou moins mon accord ……). Plus de 11 000 connexions en Août, alors même que ça ne parle pas de sexe, ça mérite bien d'être encouragé, non ? 




  



vendredi 30 août 2013

Bientôt, la Lituanie au Championnat d’Europe de basket


C’est une tautologie de dire qu’en Lituanie le basket-ball est plus qu’une passion : c’est la deuxième religion. Le dommage collatéral est que, quand l’équipe nationale se fait battre tôt dans une compétition (comme en 2009 en quart de finale contre la Macédoine), c’est quasiment une catastrophe nationale ! La pression monte donc à l’approche du 38e championnat d’Europe masculin (ou Eurobasket 2013), organisé du 4 au 22 Septembre 2013 en Slovénie.

Pour ne pas passer pour un demeuré si, pendant cette période, vous rencontrez des Lituaniens ou si, a fortiori, vous êtes en Lituanie, voici ce qu’il convient de savoir.



24 équipes se sont qualifiées pour cet Eurobasket. Elles sont, pour le premier tour, réparties en quatre groupes (où il y a donc logiquement 6 équipes par groupe). Chaque équipe rencontre les cinq autres de son groupe. A l’issue de ces matchs, les 3 meilleures équipes sont qualifiées pour le second tour.

La Lituanie est dans le groupe B avec (par ordre alphabétique) la Bosnie-Herzégovine, la Lettonie, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie. Ses matches pour ce premier tour auront lieu au complexe sportif de Dvorana Podmežakla de Jesenice, au nord de la Slovénie, à la frontière autrichienne. Le calendrier de l’équipe lituanienne est le suivant :
      # 4 septembre à 21H : contre la Serbie
      # 5 Septembre à 21H : contre la Macédoine
      # 6 Septembre à 17H45 : contre la Lettonie
      # 8 Septembre à 21H : contre le Monténégro
      # 9 Septembre à 17H45 : contre la Bosnie-Herzégovine
 
On peut raisonnablement espérer que la Lituanie sera dans les 3 équipes qualifiées pour le deuxième tour.

Au deuxième tour, les qualifiés des groupes A (dont sans doute la France) et B, se rencontrent dans une nouvelle poule (Groupe E), de même les qualifiés des groupes C et D dans un groupe F. Là, on prendra les 4 premiers (sur 6) de chacun des groupes E et F pour la suite des événements. A noter que le classement du premier tour donne des bonifications, afin d’éviter des combines consistant à se laisser battre pour éviter telle équipe réputée forte dans l’autre groupe. (Ça va, ça suit ?). Pour tout le monde, ce deuxième tour a lieu à Ljubljana, à la Stožice Arena (13 000 places).

Là encore, ça serait un tsunami si la Lituanie ne passait pas ce cap !

Ensuite viendront les quarts de finale (18 et 19 septembre), les demi-finales (20 Septembre) et la finale (22 Septembre). Mais c’est une autre histoire ……

On rappellera que la Lituanie a été :
      # Championne d’Europe en 1937, 1939 et 2003, 2e en 1995, 3e en 2007
      # 3e aux Championnats du monde 2010
      # 3e aux Jeux Olympiques 1992, 1996 et 2000
La Lettonie, elle, a été championne d’Europe 1935 et 2e (derrière donc la Lituanie) en 1937.

Me mouiller pour un pronostic ? Au vu des matchs amicaux préparatoires, la Lituanie peut espérer finir dans les trois premiers. Il ne faut pas oublier que les juniors champions du monde 2011 arrivent dans l’équipe senior aujourd’hui, à l’image de Jonas Valančiūnas. Mais vous savez qu’au basket tout peut arriver dans les cinq dernières minutes !

L'équipe de Lituanie junior, championne du monde 2011


NB : Je crois avoir lu quelque part qu’à Paris les supporteurs de la Lituanie allaient pouvoir se retrouver à l’occasion des matchs au WOS Bar, 184 rue Saint Jacques, Paris Ve. Et je sais d’expérience qu’il y a de la Svyturys !......





mercredi 28 août 2013

Nouvelle donne pour la manœuvre Zapad-2013 ?


Le 28 Juin dernier, j’évoquais déjà la manœuvre conjointe russo-bélarusse Zapad-2013 (Ouest-2013) qui aura lieu du 20 au 26 Septembre prochain.

Un contexte nouveau, la perspective d’une confrontation en Syrie, et quelques éléments collatéraux, font que cette manœuvre, organisée irrégulièrement depuis 1981, suscite l’inquiétude en Pologne et dans les Etats Baltes.

Chasseur SU-27

Le scénario de Zapad-2013 est celui d’un conflit de crise se développant après la détérioration des relations avec les Etats voisins en raison de conflits interethniques et religieux, et de revendications territoriales (Interfax-AVN Online, 7 Juin 2013). En clair, il s’agit du même scénario qu’à Zapad-2009, où les méchants Lituaniens et Polonais attaquaient le gentil Bélarus accusé de maltraiter sa minorité lituanienne. La situation se détériorait au point que l’exercice culminait avec une frappe nucléaire tactique sur Varsovie !

Ceci dit, pas de quoi fouetter un chat. Au cours de ma carrière passée, à l’époque où nous faisions face au Pacte de Varsovie, tout exercice incluait une frappe nucléaire et une frappe chimique de l’adversaire ou contre l’adversaire (même si je soupçonnais toujours les auteurs du thème de se délecter de nous voir porter le masque à gaz pendant …… un certain temps).

Quelques éléments collatéraux de « mise dans l’ambiance » ont pu toutefois faire froncer les sourcils dans les Etats baltes.

L'hovercraft "Zubr" beachant près de Kaliningrad

Il y a quelques jours, c’est un hovercraft militaire russe Zubr (N° 782 « Mordovia ») qui est venu beacher sur une plage bondée de baigneur dans l’exclave russe de Kaliningrad (entre Lituanie et Pologne). http://www.youtube.com/watch?v=Ph1I9OcnjeU . J’ai quelque mal à croire qu’un engin comme celui-là, le plus grand au monde (555 tonnes en pleine charge), en deux exemplaires dans la marine russe, décide inopinément de venir accoster sur une plage en plein mois d’Aoüt. Un peu comme si le « Charles-de-Gaulle se présentait à l’entrée du port de Palavas-les-Flots ! « On » aurait voulu montrer le gros engin pour impressionner les voisins qu’on n’aurait pas procédé autrement.

Cerise sur le gâteau : la sortie d’un politologue russe, Mikhail Aleksandrov, chef du Département balte à l’Institut des Pays de la CEI à Moscou, déclarant que, si les Américains « agressaient » la Syrie, le gouvernement russe devrait envoyer ses troupes en Estonie, Lettonie et Lituanie.      http://m-alexandrov.livejournal.com/14606.html?thread=240142&#t240142 (en russe). Mais compte tenu du danger que présenterait une attaque russe sur trois Etats membres de l’OTAN, il est vraisemblable que ça ne représente pas une option crédible à Moscou. Ça participe toutefois à une mise dans l’ambiance très « guerre froide » !  

Le politologue Mikhaïl Aleksandrov

Il est également très curieux que RIA-Novosti ressorte comme par hasard aujourd’hui l’information, connue depuis le mois de Juin, que l’armée de l’air russe créera avant la fin 2013 sa première base aérienne en territoire bélarusse, à Lida, à proximité des frontières polonaise et lituanienne.

Sans doute que Zapad-2013 et tout ce qui se trame autour se cantonnera à impressionner l’adversaire occidental potentiel. Mais ça ne participe pas à restaurer la confiance entre Etats voisins, dont les uns ont dû subir l’occupation de l’autre pendant 50 ans.

  

dimanche 25 août 2013

Ukraine : bientôt la fin de l’exercice d’équilibrisme


A l’occasion du 22ème anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine (24 Août 1991), le Président Viktor Ianoukovytch s’est livré hier à son exercice habituel et favori d’équilibrisme !  Dans le même discours, il a à la fois déclaré « Pour l'Ukraine, l'association avec l'Union européenne doit devenir une incitation importante en vue de constituer un Etat européen moderne » et « Au même moment, il nous faut préserver et approfondir nos relations (et) processus d'intégration avec la Russie » !  

Ce numéro d’équilibrisme, qui dure depuis des mois, va devoir bientôt cesser, exactement les 28 et 29 Novembre 2013, à l’occasion du Troisième sommet du Partenariat oriental qui se tiendra à Vilnius (Litexpo). Ce sommet réunira les chefs d'État ou de gouvernement des 28 États membres de l'UE et des 6 pays du partenariat oriental (Bélarus, Moldavie, Ukraine, Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan), ainsi que les dirigeants des institutions de l'UE. A cette occasion devrait être signé (ou pas) l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne.



Un Accord de Stabilisation et d’Association (ASA) est un traité international signé entre l’UE et certains pays candidats potentiels à l’Union afin de les préparer à une adhésion future en introduisant les règles communautaire (l’acquis communautaire) dans divers domaines. La conclusion d’un ASA peut être suivie d’une demande d’adhésion à plus ou moins longue échéance. Des ASA ont été signé dans le passé avec la Macédoine (2001), l’Albanie (2006), le Monténégro (2007), la Serbie (2008), la Bosnie-Herzégovine (2008).

Les entraves à une signature de l’Ukraine en Novembre 2013 sont multiples et proviennent de plusieurs directions.

Poutine et Ianoukovytch

La Russie est farouchement opposée à un rapprochement entre l’Ukraine et  l’Union Européenne. La « Révolution orange » en Ukraine en 2004 reste d’ailleurs le plus grand cauchemar de Vladimir Poutine. Il faut dire que le (déjà) Président russe était venu soutenir deux fois son candidat préféré, Viktor Ianoukovytch, ingérence notoire dans la campagne des élections présidentielles, lesquelles s’étaient avérées archi-truquées. Un nouveau scrutin avait conduit à l’élection du très pro-occidental Viktor Iouchtchenko. Mais il semble qu’aujourd’hui Viktor Ianoukovytch ne soit plus en odeur de sainteté au Kremlin.

La Russie avait déjà prévenu l’Ukraine la semaine dernière qu’en cas de signature d’un accord d’association «suicidaire» avec l’Union européenne, Moscou renforcerait les contrôles de marchandises ukrainiennes à la frontière entre les deux pays. Or, l'économie ukrainienne dépend en bonne partie de ses exportations d'acier, de charbon, de produits d'hydrocarbures, de céréales et de produits chimiques qui vont à plus de 60% vers d'autres anciennes Républiques soviétiques, en premier lieu la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, les trois membres de l’Union Douanière, lancée le 6 Juillet 2012.

En guise d’avertissement, la Russie a d’ailleurs envoyé, la semaine dernière, un avertissement en bloquant toutes les importations du géant chocolatier ukrainien Roshen et en faisant des contrôles de qualité chronophages sur toutes les importations ukrainiennes. Ce que l’Ukraine a qualifié de guerre commerciale et ce qui pourrait préfigurer les représailles qui pourraient l’attendre. Mais, pour l’instant, il s’agit bel et bien de chantage !

Peut-il laisser l'Ukraine "partir" ? 

L’Union Européenne, elle, serait prête à signer l’ASA « si Kiev fait des progrès dans le respect de l’Etat de droit et reconsidère la situation de l’opposante et ex-Premier ministre Ioulia Tymochenko ». En effet, si personnellement je ne pense pas que Mme Timochenko, emprisonnée pour 7 ans pour abus de pouvoir, soit blanche comme neige, il est notoire qu’une grande partie des motivations de sa condamnation sont politiques. Il ne faut toutefois pas être grand clerc pour deviner qu’il y a actuellement d’intenses tractations entre l’UE et l’Ukraine pour que, par exemple, Mme Tymochenko puisse être hospitalisée en Allemagne contre l’assurance qu’elle ne se mêlera pas de politique intérieure ukrainienne, notamment à l’occasion des élections présidentielles de 2015.

Il ne faut pas négliger non plus la frilosité de certains membres de l’Union Européenne qui, sous la pression de leurs opinions publiques, pas toujours bien informées, europhobes ou eurosceptiques, qui ne montrent pas un enthousiasme débordant à l’idée d’une extension potentielle de l’UE alors que, dans le cas de l’Ukraine, il ne s’agit pour l’instant que de la rapprocher des acquis européen.

De quel côté va-t-il "tomber" ? 

Enfin, il y a l’Ukraine elle-même, ou plutôt le régime de M. Ianoukovytch, qui voudrait bien retirer les avantages (les « mauvaises langues » disent à son propre profit) et de l’Accord d’Association avec l’UE et de son statut d’observateur auprès de l’Union Douanière. Mais l’une comme l’autre des parties ont déjà déclaré que c’était soit l’un, soit l’autre, mais pas les deux à la fois ! On peut également se poser la question du pouvoir réel du lobby pro-russe en Ukraine. Le tout dans la perspective des élections présidentielles de 2015, que Ianoukovytch espère bien de nouveau gagner.  

Réponse les 28 et 29 Novembre à Vilnius/Litexpo.