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jeudi 13 septembre 2012

Journées du patrimoine



Ce week-end du 15 – 16 Septembre ont lieu les journées du patrimoine, dont l’intérêt principal est de pouvoir visiter des lieux auxquels on n’a pas ou difficilement accès, ou encore où on n’aurait pas idée d’aller.
Je vous en signale deux dans ma région qui ont un rapport avec ce blog.

Le château de Rochecotte, rue Dorothée de Dino à Saint-Patrice (37130), avec une exposition autour du souvenir de la duchesse de Dino, princesse de Courlande, et des conférences dimanche à partir de 15H. On en a déjà parlé (http://gillesenlettonie.blogspot.fr/2012/09/la-vie-mouvementee-de-dorothee-de.html)


L’église orthodoxe ukrainienne Saint André, 16 rue Gaston Jaillon à Châlette-sur-Loing (45120), construite par des émigrés ukrainiens dans les années 50. L’église et l’exposition seront ouvertes samedi de 14H à 18H et dimanche de 10H à 18H. De plus dimanche, une animation sera assurée par la chorale ukrainienne KOBZAR de 10H à 12H et de 15H à 17H. (Cette visite n'apaprait hélas pas sur le site de la ville http://www.ville-chalette.fr/)

Aller voir ces sites et ces expositions, outre que c’est toujours bénéfique d’apprendre quelque chose de nouveau, encourage les volontaires qui se sont démenés, souvent sans moyens, pour vous les rendre abordables. Ce qui est méritoire à une époque où la rhétorique officielle semble vouloir faire du passé table rase……


dimanche 9 septembre 2012

« J’ai choisi la Liberté » de Victor Kravchenko, mon livre de chevet actuel



Je suis en train de lire « J’ai choisi la Liberté » de Victor Andreïevitch Kravchenko, dans son édition originale française de 1947 (Editions Self, Paris). Ce livre est intéressant, je dirais même essentiel, à plus d’un titre. Car, comme le dit son traducteur de l’époque, ce document « n’est pas un livre comme les autres ».


En Avril 1944, Victor Andreïevitch Kravchenko (1905 – 1966), ingénieur soviétique ukrainien (région du Donbass), en mission à Washington dans le cadre d’une mission de la commission d’achat soviétique, demande l’asile politique aux Etats-Unis. Il rédige quelques mois après (1946) un ouvrage où il décrit « la vie publique et privée d’un haut fonctionnaire soviétique » et il explique pourquoi il a « choisi la liberté » (I choose Freedom). Dans son livre, il décrit, seize ans avant Alexandre Soljenitsyne dans Une journée d’Ivan Denissovitch, les méfaits de la collectivisation, la famine provoquée en Ukraine (Holodomor), les purges, les camps de concentrations, ……


L’ouvrage rencontre un immense succès, et il est traduit en Français et publié en France en 1947.

Victor Kravchenko

Le 13 Novembre 1947, l’hebdomadaire communiste « Les Lettres françaises » publie un article, prétendument envoyé des Etats-Unis par un dénommé Sim Thomas, assurant que Kravchenko n’aurait pas écrit lui-même son livre, lequel aurait été en fait rédigé par des mencheviks (sociaux-démocrates opposés aux bolcheviks). Pendant des mois, André Wurmser, journaliste et écrivain communiste, publie des articles insultants, accusant Kravchenko de « mensonge et d’imposture ». Celui-ci porte finalement plainte en diffamation contre le journal.   

Le procès ne s’ouvre que le 24 Janvier 1949, Sim Thomas étant introuvable, et pour cause : c’était une pure invention de Claude Morgan, rédacteur en chef des Lettres françaises, qui comparut alors avec Wurmser. Il durera jusqu’au 22 Mars 1949, comportant 25 audiences. Nina Berberova (1901 – 1993), la grande poétesse russe qui réside à Paris depuis 1925, relatera le procès dans L’affaire Kravchenko (paru en 1990).


Les Lettres françaises produisent des témoins prestigieux tels Frédéric Joliot-Curie, Vercors, Roger Garaudy ou le poète Jean Cassou. L’avocat des Lettres françaises prétendra que, derrière Kravchenko, il y a les services de renseignements américains, argument qui est encore utilisé de nos jours. Dans la salle, Sartre, Beauvoir, Elsa Triolet applaudissent.  

A l’appui de Kravchenko, les témoins, pour la plupart rescapés des camps de concentration soviétiques, décrivent audience après audience la réalité du régime totalitaire soviétique : collectivisation forcée, arrestations arbitraires, pseudo procès. Le témoignage de Margarete Buber-Neumann (1901 – 1989), communiste allemande, réfugiée en Russie après la prise de pouvoir par les nazis, mais livrée par les soviétiques à ceux-ci en vertu du pacte Molotov-Ribbentrop, sera un des temps forts du procès. Selon Nina Berberova, ce témoignage « vaut à lui seul dix ans de propagande anticommuniste », puisqu’il peut établir un parallèle entre les camps nazis et les camps soviétiques. Pour la défense des Lettres françaises, toutes les atrocités évoquées sont des inventions !  

Le 4 Avril 1949, Les Lettres françaises sont condamnées à verser 150 000 francs de dommages et intérêts. Le procès aura toutefois montré la force politique et intellectuelle du parti communiste français (aux municipales de 1947, il obtient 29,9 % des voix, et encore 25,5 % aux législatives de 1951. Il a réussi à mobiliser de nombreuses plumes pour condamner un livre remettant en cause l’URSS et la politique de Staline, « le petit père des peuples ». Après la mort de Staline, en 1953, les dirigeants français rechigneront d’ailleurs à s’engager dans la dénonciation des crimes de Staline par Khrouchtchev au XXe Congrès du PC d’Union soviétique (23 Février 1956).  


« J’ai choisi la Liberté » de V. A. Kravchenko se vendra à plus de 500 000 exemplaires. Une belle leçon face à l’aveuglement idéologique.  

La mort de Kravchenko d’une balle dans la tête, le 25 Février 1966, sera considérée à l’époque comme un suicide. Mais tout le monde n’est pas persuadé que le KGB soit étranger à l’affaire. 

jeudi 30 août 2012

28 Août 1709 : mort d’Ivan Mazepa



D’Ivan Mazepa, les plus érudits d’entre nous connaissent généralement le tableau qu’Horace Vernet a peint en 1826 : « Mazepa et les loups » (ci-dessous). Au service d’un noble polonais, il est surpris par celui-ci en flagrant délit d’adultère avec sa femme. Attaché nu sur le dos d’un cheval sauvage, il est emmené par celui-ci au fin fond des steppes ukrainiennes. Recueilli par des paysans, il s’établit parmi eux, découvrant leur vie guerrière. Cette aventure inspira également, entre autres, Victor Hugo, Tchaïkovski, Lord Byron, Pouchkine et Frantz Liszt.


Ivan Mazepa (en Ukrainien Іван Степанович Мазепа) était né vraisemblablement le 20 Mars 1639 dans une famille ruthène noble mais pauvre de Podolie (région sud-ouest de l’actuelle Ukraine, entre Dniepr et Dniestr). Il fut d’abord éduqué à Kyiv, puis dans un collège de Jésuite à Varsovie, avant de voyager en Europe de l’Ouest de 1656 à 1659. En 1659, il devient page du Roi de Pologne – Grand duc de Lituanie, Jean II Casimir Vasa (pour l’anecdote : ancien cardinal des Jésuite, Jean II épousera sa belle-sœur Louise-Marie de Gonzague-Nevers, veuve de Ladislas IV Vasa !).

Après l’épisode adultère, il sert de 1669 à 1673 l’Hetman Petro Doroshenko, Hetman ( = Chef d’Etat) de la Rive Droite du Dniepr, puis le rival de celui-ci de 1674 à 1681, l’Hetman des Cosaques de la Rive Gauche, Ivan Samoylovych, élu en 1672. Bien éduqué, Ivan Mazepa monte rapidement dans la hiérarchie cosaque, devenant General Yesaul (Генеральный есаул), un des deux adjoints militaires de l’Hetman.

Ivan Mazepa

Le 20 Juin 1987 Ivan Mazepa dépose Ivan Samoylovych, l’accusant de conspiration, et il se fait élire  Hetman de la Rive Gauche à sa place. Il devient rapidement un des plus grands propriétaires d’Europe, mais,  simultanément, il développe l’éducation, fait construire des églises et des imprimeries.

En 1702, les Cosaques de la Rive Droite s’étant révoltés contre les Polonais, Mazepa intervient avec l’accord du Tsar Pierre 1er et s’empare de la plus grande partie des territoires cosaques de la rive droite du Dniepr. Mais le Tsar Pierre 1er ayant décidé de reprendre en main son armée après les premières pertes de la Grande Guerre du Nord (1700 – 1721), les Cosaques se retrouvent à combattre les Livoniens et les Lituaniens, laissant leur propre territoire à la merci des Tatars et des Polonais. Mazepa décide alors de changer de camp et il s’allie avec les Suédois et les Polonais le 28 Octobre 1708, espérant sans doute gagner son indépendance vis-à-vis de la Russie. Mais seuls 3 000 Cosaques le suivent, les autres élisant un nouvel Hetman, Ivan Skoropadsky.
    
Finalement, la bataille de Poltava (8 Juillet 1709) scella le destin du Roi de Suède Charles XII et de son allié Ivan Mazepa. Après la défaite, Charles XII et Mazepa réussirent à s’enfuir avec 1 500 hommes et à se réfugier dans la forteresse de Bender en Moldavie, alors contrôlée par l’Empire Ottoman. Ivan Mazepa y mourut rapidement, le 28 Août 1709.

Charles XII et Ivan Mazepa après la défaite de Poltava

L’image du traître poursuivit Ivan Mazepa pendant la période de la Russie tsariste puis soviétique. L’Ukraine moderne en fit dès 1991 un héros qui avait combattu pour l’indépendance ukrainienne. Aujourd’hui, il est encore un symbole de l’opposition entre la Russie et l’Ukraine.

Ivan Mazepa sur les billets de 10 Hrryven

  

mercredi 1 août 2012

Débats musclés sur le statut de la langue russe en Ukraine


Au moment où j’écris ces lignes, l’Ukrainien est la seule langue officielle de l’Ukraine, ce qui ne devrait pas constituer une surprise. Et pourtant !.....

L’Ukrainien est une des quatre langues de la famille des langues slaves orientales, avec le Russe, le Biélorusse et le Ruthène. (Le groupe slave de la famille des langues indo-européennes comporte, outre la famille orientale, la famille occidentale – polonais, tchèque, slovaque, etc.… -  et la famille méridionale – croate, bosnien, serbe, monténégrin, bulgare, macédonien, slovène, etc.…

Historiquement, après la chute de la Rus’, on assista en Ukraine au même phénomène qu’en Lituanie. Les aristocrates et la classe moyenne s’étant polonisés ou russifiés, seuls les paysans continuaient à s’exprimer dans la langue vernaculaire. Une exception notable fut le Hetmanat cosaque (XVIIe – XVIIIe siècles). Tout comme le Lituanien, l’Ukrainien ne renaquit qu’au XIXe, mais son expansion fut freinée par la politique de russification menée par l’Empire russe. Un décret du 18 Juillet 1863 interdit même son utilisation.

En 1917, l’Ukrainien devint la langue officielle de d’une éphémère République Populaire Ukrainienne. Mais, après la chute de celle-ci, l’Ukrainien et le Russe devinrent les deux langues officielles de la République Socialiste Soviétique d’Ukraine. Les tentatives d’ukrainisation furent toutefois stoppées par Staline dans les années 1930. A l’indépendance, l’Ukrainien devint la seul langue officielle. Il n’en demeure pas moins que les grandes villes de l’est de l’Ukraine sont russophones, alors que tout est réglementairement écrit en Ukrainien. On a là un exemple de diglossie (Etat dans lequel deux variétés linguistiques coexistent sur un même territoire).  


L’adoption du Russe comme seconde langue officielle fit l’objet de promesses électorales en 1994 (Koutchma) et 2004 (Ianoukovytch). C’est une promesse qui revient aujourd’hui dans l’actualité.

Le 3 Juillet, après un mois de calme dû au Championnat d’Europe de football, la Verkhovna Rada, le Parlement ukrainien, ou plutôt la majorité du Parti des Régions du Président Ianukovytch, a voté par surprise, voire illégalement,  un projet de  loi controversé. Cette loi autoriserait les parlements régionaux à donner à toute langue le statut de langue officielle, à partir du moment où elle est utilisée par au moins 10 % de la population. Le Russe aurait ainsi le statut de langue nationale dans 13 régions d’Ukraine sur 27.  

Volodymyr Lytvyn

Pour être validée, cette loi doit être signée par le Président de la Rada, puis par le Président de la République. Le Président de la Rada, Volodymyr Lytvyn, Président du … Bloc Lytvyn, et le vice-président Mykola Tomenko, leader adjoint du parti Batkivschyna de Ioulia Tymochenko, annoncèrent leur démission le 4 Juillet. Mais le 6 Juillet, dernier jour de la session parlementaire avant les vacances, la Rada refusa d’inscrire la démission de Lytvyn et Tomenko à l’ordre du jour. Des manifestations éclatèrent un peu partout, notamment à Kyiv (y compris au sein même de l’hémicycle de la Rada), certains manifestants entamant une grève de la faim.

Bagarre à l'intérieur de la Rada

Le 31 Juillet, on apprenait que Lytvyn avait finalement signé la loi et que celle-ci avait été adressée au Président Ianoukovytch. Le parti Batkivschyna (Tymochenko) accusait immédiatement Lytvyn d’avoir « pris part au crime » en signant une loi anticonstitutionnelle. On en est actuellement là.

Bagarre à l'extérieur de la Rada

La question est très sensible en Ukraine. Pour beaucoup, le Russe c’est la langue de l’occupant, des  responsables de millions de morts notamment par l’Holodomor (extermination par la faim). D’autres, nés en Ukraine, ne comprennent pas pourquoi on ne les autorise pas à utiliser leur langue maternelle, le Russe. Le problème est le même en Estonie et en Lettonie. Autant dire qu’on n’est pas prêt de solder les problèmes créés par l’occupation soviétique.

Comme souvent : à suivre !



dimanche 29 juillet 2012

La politique, aire de reconversion privilégiée des sportifs ukrainiens ?


J’ai déjà évoqué (http://gillesenlettonie.blogspot.fr/2012/03/ukraine-les-freres-klitschko.html) le champion du monde de boxe WBC ukrainien Vitali Klitschko, 41 ans, qui s’était lancé en politique en créant son propre parti, UDAR (qui signifie « punch » - УДАР Віталія Кличка). Son credo : « D’un coup puissant et bien placé, je suis prêt à briser le mur dressé entre la société et les autorités qui empêche le développement de l’Ukraine ». Son  parti, pro-européen et anti-corruption,  a toutes les chances de passer la barre des 5 % et devrait être ainsi représenté à la Verkhovna Rada suite aux élections législatives du 28 Octobre prochain.

Vitali Klitschko

Un autre sportif ukrainien mondialement connu a décidé d’arrêter sa carrière sportive pour se consacrer à la politique : le footballer Andriy Chevtchenko, 36 ans, ballon d’or 2004. Son avenir politique semble être plus aléatoire. Il a rejoint En avant l'Ukraine!  (Україна – Вперед!), parti  récemment créé par Natalia Korolevska, une dissidente du Bloc Ioulia Tymochenko - Batkivshchyna, qui se présente elle-même comme un défenseur des petites et moyennes entreprises. Les sondages les plus récents  lui prévoient moins de 5 % des voix lors des législatives. Chevtchenko a déclaré : « Je prévois de m'intéresser aux problèmes sociaux et de soutenir le sport, ma principale devise étant un esprit sain dans un corps sain ».  

Andriy Chevtchenko

Il n’est pas rare de voir des sportifs se lancer (avec plus ou moins de succès) en politique. Il suffit de regarder la liste des plus récents Ministres ou Secrétaires d’Etat successivement chargés des sports en France pour s’apercevoir qu’il y a de belles possibilités de reconversion : Alain Calmat (patinage 1984 – 1986), Roger Bambuck (athlétisme 1988 – 1991), Guy Drut (1995 – 1997), Jean-François Lamour (escrime 2002 – 2007), Bernard Laporte (rugby 2007 – 2009), Chantal Jouanno (karaté 2010 – 2011), David Douillet (judo 2011 – 2012). Mais c’est une reconversion parfois éphémère, la glorieuse incertitude du sport rejoignant celle des urnes !

Quel avenir pour Klitschko ? Il ne fait pas mystère que c’est la Mairie de Kyiv, où son parti est très populaire, qui l’intéresse. Chevtchenko, qui jouit d’une très grande popularité en Ukraine en tant que joueur, réussira-t-il à faire passer la barre fatidique des 5 % à En avant l'Ukraine! ? Début de réponses le 28 Octobre 2012.

NB : Sondage de Mai 2012 : Pour qui voteriez-vous si les élections législatives avaient lieu dimanche prochain ?

    # Opposition unie Batkivshchyna / Front du changement (Tymochenko - Yatsenyuk - Блок Юлії Тимошенко /  Фронт Змін) : 25,6 %
    # Parti des Régions (Партія регіонів - Ianoukovytch) : 22 %   
    # Vitali Klitschko UDAR (УДАР) : 9,2 %
    # Parti communiste (Комуністична партія України) : 7,6 %
                        ----------- 5 %  ------------
    # Liberté (Всеукраїнське об’єднання «Свобода»): 4,4 %
    # En avant l'Ukraine! (Україна – Вперед!) : 3,8  %

La Verkhovna Rada


vendredi 27 juillet 2012

JO - La Russie « annexe » l’Ukraine … et d’autres !


Les Jeux Olympique de Londres 2012 n’ont pas encore commencé (cérémonie d’ouverture ce soir à 22H heure française), qu’ils enregistrent déjà leur lot de scandales.


On passera sur l’erreur de drapeau entre Corée du Nord et Corée du Sud (ci-dessus : avant / après). C’est un euphémisme de dire que ça ne fait pas très professionnel ! Il faut s’attendre au pire à propos d’un classique, la confusion entre Lituanie et Lettonie ……

Mais une autre bourde prend des proportions diplomatiques, l’Ukraine et la Géorgie ayant protesté officiellement.D’autres, comme l’Azerbaïdjan, l’Arménie et le Bélarus, auraient pu faire de même. Car l’affaire n’est peut-être pas si accidentelle que ça et elle révèle en tous cas un état d’esprit très en vogue dans les allées du pouvoir russe. De quoi s’agit-il ?



Sur le site internet officiel des JO de Londres (london2012.com), les biographies d’une trentaine d’athlètes russes, nés dans ce qui était alors l’URSS, indiquent que ces lieux de naissance sont en Russie (RUS) : par exemple, le capitaine de l'équipe russe de volley-ball, Taras Khtey, est ainsi né en 1980 dans la "région de Lvov (Rus)" ; quand on sait en outre que Lviv est la région la plus ukrainophile d’Ukraine, ça ne peut que fâcher. On trouve aussi des « Ukraina Region (RUS) » et des « Belorussia Region (RUS) » !  Le boxeur David Ayrapetyan est, lui, né à “Baku (RUS), dans qui est quand même la capitale de l’Azerbaïdjan !



La Géorgie, quant à elle, s’est insurgée contre des inscriptions du style de celle du lieu de naissance du lutteur Besik Kudukhov : “South Ossetia (RUS)”. Rappelons que l’Ossétie du sud est une région séparatiste de la Géorgie, dont la pseudo indépendance après la guerre éclair d’Août 2008 (tiens, au moment de l’ouverture des JO de Pékin !) n’est reconnue que par la Russie, le Vénézuela et quelques îles-états du Pacifique. 

La porte parole de l’équipe olympique russe a parlé d’ « erreurs techniques ».  Soit. Mais une trentaine, ça fait quand même beaucoup d’ « erreurs techniques ». Et on ne peut que s’interroger lorsque ça arrive un mois après une adresse du Président Vladimir Poutine aux diplomates russes, leur enjoignant d’utiliser le « soft power » pour promouvoir les intérêts russes, notamment dans son « étranger proche » (comprendre l’ex-URSS).


Les Ukrainiens sont particulièrement sensibles dans la mesure où les nationalistes russes ne manquent pas une occasion de proclamer que l’Ukraine n’a toujours été (sic) qu’une région de la Russie, voire d’humilier la dite-Ukraine. Au point que Vladimir Poutine était allé jusqu’à dire à George Bush en 2008 que l’Ukraine n’était pas réellement une nation. Au point que, ce 12 Juillet, Vladimir Poutine avait fait attendre 4 heures le Président ukrainien,  Viktor Yanukovych, en Crimée car, sur la route entre l’aéroport de Sébastopol et Yalta, il avait préféré aller à un rassemblement de bikers russes, les « Loups de nuit » (ci-dessus)……

Décidemment, cette bourde est tout sauf innocente……  

NB : Même si le comité d’organisation est a priori en train de rectifier les erreurs, il est toujours possible de protester sur : complaints@enquiries.london2012.com

Banderole déployée à Varsovie lors du match Russie - Pologne de l'Euro2012 de football

mercredi 18 juillet 2012

Elections à venir


Certains Français, en rentrant de vacances, vont bientôt découvrir (notamment sur leur feuille d’impôts) ce qui se cachait derrière le slogan « Le changement, c’est maintenant ! ». Mais il est trop tard, la nouvelle Assemblée Nationale a été élue pour 5 ans  !!

Dans certains pays de ma zone d’intérêt dans l’est de l’Europe, les électeurs vont bientôt devoir faire également des choix, et des changements pourraient là aussi apparaître :

23 Septembre 2012 : Elections législatives au Bélarus. Personne n’espère qu’elles soient libres et démocratiques et aucun changement n’est à attendre.

Le Parlement bélarusse est bicaméral et est constitué du Conseil de la République de 64 membres et de la Chambre des Représentants de 110 membres, tous élus pour 4 ans. C’est cette dernière qui est renouvelée. Lors des précédentes « élections » de 2008, aucun représentant de l’opposition n’avait été élu.

Bélarus : la Chambre des Représentants (au premier plan, la statue de Lénine)


14 Octobre 2012 : Elections législatives en Lituanie. Dans un mouvement de balancier très éprouvé, la majorité devrait passer du centre droit à la gauche + populistes.

Le Parlement lituanien (le Seimas), monocaméral, est composé de 141 députés élus pour 4 ans. 71 sont élus au scrutin majoritaire dans 71 circonscriptions, 70 sont élus au scrutin proportionnel de listes.

Lituanie : intérieur du Seimas


28 Octobre 2012 : Elections législatives en Ukraine. Les résultats du scrutin devraient être en principe indécis. Mais le pouvoir en place dispose de « ressources administratives »…… Je serai en principe sur place pour observer.

Le Parlement ukrainien (la Verkhovna Rada), monocaméral, est composé de 450 députés élus pour 4 ans au scrutin proportionnel.

Ukraine : la Verkhovna Rada
Une remarque concernant l'élection à la Verkhovna Rada ukrainienne : le mode de scrutin a été modifié depuis 2007. Il prévoit à présent l'élection de la moitié des députés au scrutin majoritaire uninominal à un tour et l'autre moitié à la proportionnelle. La durée du mandat des députés sera aussi modifiée et passera dorénavant à cinq ans au lieu de quatre. C'est donc sensiblement le même système qu'en Lituanie. (Précision apportée par Paul T.)

1er Juin 2013 : Elections locales en Lettonie.

Octobre 2013 : Elections locales en Estonie

dimanche 20 mai 2012

Honoré de Balzac, la Touraine et l’Ukraine



Le 1er Prairial de l’An VII de la République (20 Mai 1799) naît, au 25 de la rue de l’Armée d’Italie (devenue depuis 39 rue Nationale) à Tours, Honoré Balzac, fils de Bernard-François Balssa (devenu Balzac entre 1773 et 1783), originaire du Tarn, Directeur des vivres de la 22ème Division Militaire à Tours.


Il n’est pas question ici de retracer la vie de celui qui a laissé une des œuvres romanesques les plus importantes de la littérature française, mais de mettre en exergue ses liens avec la Touraine et l’Ukraine.  

Mis en nourrice jusqu’à l’âge de 4 ans à Saint-Cyr-sur-Loire, il retrouvera cette ville  entre Juin et Septembre 1830, lorsqu’il louera « La Grenadière » pour y séjourner avec Laure de Berny (de 23 ans son aînée, il donne des cours à ses fils depuis 1821), auprès de qui il trouvera l’amour d’une mère et qui sera sa confidente, sa conseillère et finalement son amante. C’est à cette époque qu’il commence à signer « de » Balzac ses articles dans différents journaux et que paraît son premier vrai roman, « Les Chouans » (Mars 1829).

La Grenadière

Mais c’est surtout le château de Saché qui est le lieu balzacien par excellence. Honoré de Balzac découvre Saché en 1823, son propriétaire, Monsieur de Margonne, ayant été l’amant de sa mère (décidemment ……) et s’étant pris d’affection pour le jeune homme. Balzac y fait plusieurs séjours prolongés entre 1823 et 1837. A Saché, il est à l’abri des huissiers qui, à Paris (où il habite depuis 1814), l’obligent à déménager fréquemment et à vivre sous des noms d’emprunt. Vingt-trois heures de diligence l’amènent de la capitale à Tours, et il parcourt parfois à pied, quand ses finances sont particulièrement basses, les 20 derniers kilomètres pour atteindre Saché. C’est là que naîtront « Le Père Goriot », « César Birotteau », mais surtout « Le Lys dans la vallée » dont les décors sont empruntés à la vallée de l’Indre.

Château de Saché


C’est en 1832 que la comtesse Ewelina Hańska entrera dans la vie de Balzac. Sœur du romancier Henryk Rzewuski, promoteur du roman historique en Pologne, d’une famille de la noblesse galicienne, retirée dans son domaine de Verkhovnia (dans l’oblast de Jytomyr en Ukraine), elle engagea avec le romancier français une correspondance qui dura 17 ans. Ils se rencontrèrent une première fois le 25 Septembre 1833 au bord du lac de Neuchâtel, puis se retrouvèrent à plusieurs reprises dans diverses villes d’Europe, notamment en 1843 à Saint-Pétersbourg. On sait d’ailleurs qu’au retour, il passa par Narva, Valka/Valga, Riga, Mitau (Jelgava) et Tauroggen (Tauragė).

La comtesse Hanska

Balzac séjournera en 1847 et 1848 chez la comtesse Hańska, veuve depuis 1841. Il l’épousera à Berditchev (Berdytchiv  en Ukrainien, toujours dans l’oblast de Jytomyr) le 14 Mai 1850. Les nouveaux époux s’installent à Paris le 21 Mai, mais Honoré de Balzac décédera trois mois plus tard,  le 19 Août 1850. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise (division 48). A ses obsèques, Victor Hugo déclarera : « Aujourd’hui, la nation pleure un écrivain de génie ! ».        

La pièce de travail de Balzac à Saché

samedi 5 mai 2012

Faut-il boycotter l’Euro 2012 de football en Ukraine ?


Soyons dès le départ sur la même longueur d’onde : je ne m’intéresse absolument pas au football ! La perspective de ne pas pouvoir bénéficier des analyses philosophiques de Laurent Blanc et aux approximations syntaxiques de Franck Ribéry auraient a contrario plutôt tendance à me réjouir ! (voir à ce sujet : http://pan-doktor-exrudis-vseznayko.over-blog.com/article-boycott-ukrainien-il-etait-une-mauvaise-foi-france-info-104446671.html)

Au travers de l’exemple de l’Euro de foot, le présent post traite plus globalement du boycott dans le sport.
Le Championnat d’Europe UEFA de football 2012 devrait se dérouler du 8 Juin au 1er Juillet 2012 en Pologne et en Ukraine. Le couple des deux pays organisateurs a été désigné le 18 Avril 2007, de préférence à l’Italie et à un autre couple Hongrie / Croatie. Dès 2008 il y eut des incertitudes quant aux capacités des pays organisateurs, et notamment de l’Ukraine, à livrer les infrastructures dans les délais. En Mars 2010, Michel Platini, Président de l’UEFA (Union of European Football Associations) tape même du poing sur la table du Président ukrainien Viktor Ianoukovytch. L’avant-dernier scandale ukrainien en date concernait le prix des chambres d’hôtels qui, excusez du peu, avait été multiplié par trois, quatre, voire cinq, « grâce à » la mafia locale !

Le problème infrastructure semblant a priori réglé, c’est désormais la politique ukrainienne qui vient agiter le microcosme footballistique.

Emboîtant le pas à la Commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, la Commission européenne annonce le 3 Mai 2012 que ses membres ne se rendront pas en Ukraine pour assister à l’événement, pour protester contre les conditions de détention de l’ancienne Premier Ministre Ioulia Tymochenko. Les gouvernements d’Allemagne, d’Autriche et de Belgique menacent de faire de même. Par contre, le Président polonais est opposé à un boycott, argumentant que cela empêcherait le rapprochement de l’Ukraine avec l’Union européenne et, au contraire, la pousserait dans les bras de la Russie. 

Au passage, on pourra s’étonner que la mesure ne se soit pas appliquée aux atteintes des droits de l’homme dans d’autres lieux et dans d’autres circonstances, à l’occasion du procès Khodorkovsky en Russie par exemple.

Je souligne que, pour l’instant, il ne s’agit que pour certains leaders politiques, de ne pas assister aux matchs ayant lieu en Ukraine. Ce qui devrait plutôt être agréable à leurs contribuables…… Certains demandent toutefois déjà que les matchs prévus en Ukraine soient joués ailleurs.

Une question demeure : ces actions vont-elles encourager le gouvernement ukrainien à repenser sa façon de traiter Mme Tymochenko ? Amnesty International n'y croit pas. Je serais enclin à penser la même chose.

Un boycott ne serait pas une première puisque, suite à l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques (dans la nuit du 24 au 25 Décembre 1979), les Jeux Olympiques d’été de Moscou, en 1980, avaient été boycottés par un grand nombre de pays, à l’instigation des Etats-Unis. En représailles, une quinzaine de pays du bloc communiste, U.S.S.S. en tête, boycotteront les J.O. de Los Angeles de 1984. Dans les deux cas, compte tenu des absences, la valeur des compétitions fut mise en question. Mais ce n’est pas le boycott qui a forcé les Russes à partir en 1989 !  

Certains appellent également au boycott (ou à la relocalisation dans un autre Etat) des Championnats du monde de hockey sur glace, prévus de se dérouler en 2014 au Bélarus. Les députés allemands, notamment, estiment que la situation politique y est "nettement plus dramatique qu'en Ukraine». Quand on voit le « succès » tout relatif des sanctions appliquées par l’Union Européenne, je ne suis pas persuadé que priver Lukashenka de son sport préféré soit de nature à le faire plier. 

Personnellement, car il faut toujours voir le côté positif, je verrais un grand avantage à ce que les matchs de foot prévus aient bien lieu en Ukraine. Les journalistes, notamment français, pourraient ainsi s’apercevoir que la capitale de l’Ukraine est Kyiv et non pas Kiev, et que les matchs se déroulent à Lviv (et non pas Lvov), Kharkiv (et non pas Kharkov) et à Donetsk !