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vendredi 28 septembre 2018

Les accords de Munich (29 – 30 septembre 1938)



A l'issue de la Première Guerre mondiale, le Traité de Saint-Germain-en-Laye (10 septembre 1919) consacre la dislocation de la monarchie austro-hongroise et crée sept États successeurs selon le principe du droit des peuples à disposer d'eux-même (10e des 14 points du Président Woodrow Wilson).

Dans ce Traité, la revendication des Tchèques et des Slovaques de se doter d'un pays commun est reconnue, et la Tchécoslovaquie est créée. Mais le pays inclut une importante population de langue allemande, ainsi qu'une minorité hongroise. Les habitants de nationalité allemande sont 3 millions dans un État de 15 millions d'habitants.

La crise économique de 1929 a une influence importante dans les régions industrielles des Sudètes où le chômage augmente rapidement, exacerbant les conflits nationalistes. Hitler, qui prend le pouvoir en Allemagne en 1933, se donne pour mission de rattacher au Reich toutes les régions de langue allemande. La minorité allemande (majoritaire dans les Sudètes), emmenée par le nazi Konrad Henlein, amplifie ses exigences après l'Anschluss de l'Autriche au Reich, les 11 – 12 mars 1938.

Konrad Henlein


Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, annonce alors que, quoi qu'il arrive, il annexera la région le 1er octobre 1938, sachant pertinemment que cela équivalait à une déclaration de guerre avec la France et la Grande-Bretagne, alliés de la Tchécoslovaquie. .

Alors que la France mobilise, c'est Benito Mussolini qui propose de tenir une conférence de la dernière chance, à Munich. Participe à cette réunion, outre Mussolini pour l'Italie, Adolf Hitler pour l'Allemagne, Neville Chamberlain pour la Grande-Bretagne, et Edouard Daladier pour la France.



La France a un traité d'alliance avec la Tchécoslovaquie pour garantir ses frontières, mais elle n'est pas prête pour la guerre. En France , les accords de Munich font d’ailleurs consensus dans la classe politique, la grande majorité des politiciens étant « munichois ». Daladier, qui pensait être hué pour avoir cédé à Hitler, en ne recevant en échange que de vagues promesses de paix, est, à sa grande surprise, acclamé à sa sortie d'avion au Bourget. De même, Chamberlain est accueilli en héros à son retour à Londres. C'est que les opinions publiques sont consciente d'avoir échappé à un conflit majeur. C'est Winston Churchill qui prononce (ou pas) la célèbre formule : « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre »




Les accords de Munich prévoient l'évacuation du territoire des Sudètes avant le 10 octobre 1938 et son occupation progressive par les troupes allemandes. Le 30 septembre, le gouvernement tchécoslovaque se soumet aux termes des accords , mais le président Edvard Beneš, qui n'avait pas été invité à Munich, démissionne le 5 octobre. En quelques semaines, la Tchécoslovaquie perd 41 098 km2 et 4 879 000 habitants.




En mars 1939, les armées allemandes, violant délibérément les accords passés six mois plus tôt, envahissent et occupent le reste de la Bohême-Moravie, alors que la République Slovaque devient un État théoriquement indépendant sous la houlette de Mgr Tiso, contrôlé par le Reich allemand. Il faudra attendre l'invasion conjointe de la Pologne par l'Allemagne nazie et la Russie soviétique pour que la France et la Grande-Bretagne réagissent.


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